Révolution bolchevique : la douloureuse mémoire des Russes blancs

ANALYSE – Après 1917, près d’un million et demi de Russes ont fui leur pays, dont près de 400.000 en France. Cent ans après, leurs descendants tentent de reconstruire une mémoire commune. Tâche difficile qui se heurte aux représentations parfois contradictoires qu’ils ont de la Russie postsoviétique.

Assis dans le canapé de son salon, où une vieille icône russe rappelle ses origines familiales, l’historien et haut fonctionnaire Alexandre Jevakhoff décrit avec une précision chirurgicale les méandres des révolutions de 1917 -février et octobre- et les déboires de ceux qui s’y opposèrent, les «Blancs».

Avec son calme et sa distance, cet énarque, inspecteur général des Finances, a le grand mérite de s’en tenir aux faits, loin des grandes envolées lyriques, certes agréablement romanesques mais peu pédagogiques, sur les tribulations des princes russes, devenus chauffeurs de taxi dans leur exil à Paris ou à Nice. Un mérite de clarté qui a son revers, car à l’écouter, on oublierait presque que les discours historiques autour de cette année 1917 sont l’objet de passions dévorantes, qui divisent profondément les descendants de l’émigration.

«Beaucoup pensent que leurs ancêtres ont été les confidents de la famille impériale ! La réalité était souvent très différente»

Alexandre Jevakhoff, historien et haut fonctionnaire.

L’auteur de l’ouvrage de référence Les Russes blancs paru chez Tallandier le reconnaît volontiers: «Il existe une mosaïque de points de vue», alimentée par les niveaux de culture historique des protagonistes, leurs rapports avec la Russie contemporaine et l’idée qu’ils se font du rôle de leurs aïeux. «Beaucoup pensent que leurs ancêtres ont été les confidents de la famille impériale! La réalité était souvent très différente», argue ce descendant d’une lignée d’officiers de marine, qui préside aujourd’hui le Cercle de la Marine impériale russe.

Ainsi, la tâche a été ardue lorsque les diverses associations qui réunissent les descendants de Russes blancs ont essayé de produire un texte commun sur les événements de 1917. «Nous avons mis pas loin d’une année pour l’écrire. Il y a eu des allers-retours dignes d’une motion du Parti socialiste. À la fin, quelques associations ont décidé de s’abstenir», se souvient Alexandre Jevakhoff.

«Les Russes blancs, assis sur leurs valises»…….

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