Qui sont ces Brimos brésiliens originaires du pays du Cèdre

 

COURT MÉTRAGE
18/05/2017

Quand deux Brésiliens d’origine libanaise se rencontrent, ils s’interpellent aussitôt à grands coups de Brimo. « Ce qui signifie plus ou moins cousin et traduit la solidarité innée des descendants d’émigrés arabes au Brésil », indique Mauricio Yazbeck, auteur d’un court métrage justement intitulé Brimo
Lui-même descendant de Libanais, ce réalisateur brésilien était de passage à Beyrouth pour le bouclage d’une série de portraits filmés de ses compatriotes méditerranéens. Il en a profité pour présenter, au Centre culturel Brasiliban, son film de 15 minutes (en portugais, sous-titré en anglais) inspiré de l’histoire de son grand-père
Né à Hadeth, Badri Yazbeck quitte le pays du Cèdre à l’âge de 17 ans. Orphelin, il rejoint des membres de sa famille à la tête d’un petit établissement de commerce à Assis, un village perdu du Brésil. Malgré des débuts difficiles, il s’adapte rapidement. En « véritable Phénicien », il a un sens de la débrouillardise et du commerce assez développé. Il fera son petit bout de chemin… Vers São Paolo notamment où, jouant du réseau de connexions entre Brimos, il finira par s’établir à son propre compte. Il lance d’abord sa propre industrie de chaussures et maroquinerie avant d’ouvrir – avec comme associé un certain Attala – une chaîne de boulangeries de pain arabe

Une diaspora exemplaire
C’est ce parcours couronné de succès, à l’instar de ceux de tant d’autres Libanais du continent sud américain, que retrace son petit-fils Mauricio Yazbeck. Lequel, à partir d’images tirées des archives familiales mixées avec de petites séquences filmées – où l’ont voit le grand-père entouré de l’ensemble de sa famille égrainer ses souvenirs –, signe là un petit documentaire joyeusement nostalgique. Un film (disponible sur YouTube, sans dans la version sans sous-titrage) qui revient sur les facteurs de l’intégration réussie de la diaspora libanaise au Brésil, chiffrée aujourd’hui à plus 9 millions d’individus
« La plupart des Libanais qui ont émigré n’avaient pas un sous en poche. À force de travail et grâce à leur sens du networking, ils ont été des acteurs importants de la révolution industrielle tardive du Brésil », assure le réalisateur qui, à l’issue de la projection, a animé une petite séance de discussion avec le public. « Ils confectionnaient des vêtements et des chaussures, fabriquaient des ustensiles ménagers qu’ils vendaient dans les fermes, les cafés et les agglomérations qui, au début du siècle dernier, se développaient à proximité des nouvelles stations des voies ferrées. Les Libanais ont ainsi créé les premières petites usines, les bazars. Leurs descendants sont par la suite devenus d’importants avocats et juristes ou encore des médecins et chirurgiens compétents et reconnus… Ils sont un exemple de réussite. Ce qui fait qu’au Brésil on est toujours très fiers d’avoir des origines libanaises », conclut le réalisateur qui a d’ailleurs, paraît-il, fait une demande pour récupérer la nationalité libanaise

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