Mille cèdres pour reboiser Kfardébian

RICHESSE FORESTIÈRE

Dimanche dernier a eu lieu l’inauguration de la « Forêt des artistes » (« Artists’ Forest ») sur les hauteurs du Kesrouan. Un projet de reboisement impliquant mille cèdres plantés par l’ONG « Green Cedar Lebanon ».Diane VILLEMIN | OLJ14/08/2019

« Aujourd’hui, un rêve se réalise, celui d’un cèdre qui couronne cette belle colline », déclare Pascale Choueiri Saad, présidente de l’association « Green Cedar Lebanon ». Un clin d’œil à Fayrouz qui chantait Emmène-moi vers ces belles collines. Quelques mois seulement après la campagne artistique de financement du projet, un millier de cèdres d’une hauteur d’un mètre et demi ont été plantés en l’espace de deux semaines seulement… Une « forêt des artistes » qui a été inaugurée dimanche dernier sur les hauteurs de Kfardébian (Kesrouan). Ce pari ambitieux a été remporté avec succès par les trois fondatrices de l’association « Green Cedar Lebanon », Pascale Saad, Lara Hanna Debs et Cathy Chami Tyan, et la plantation a été réalisée en coopération avec la municipalité de Kfardébian.

Cette initiative a notamment pour objectif de « préserver les forêts, et plus spécifiquement les cédraies, menacées au Liban », explique Joséphine Zougheib, membre du conseil municipal de Kfardébian, engagée dans la défense de l’environnement. De plus, chaque cèdre sera protégé par une clôture dans cette région autrefois verdoyante, aujourd’hui aride, mais qui est désormais vouée à retrouver toute sa splendeur lorsque les cèdres auront poussé. Pascale Choueiri Saad donne d’ailleurs rendez-vous aux invités dans dix ans, l’occasion de prendre note de l’évolution du paysage et de la bonne santé des cèdres qui auront besoin d’un suivi régulier, d’une protection et d’une irrigation régulières, assurées par le conseil municipal. La présidente de « Green Cedar Lebanon » précise à L’OLJ qu’il a été extrêmement difficile de trouver des plants de cèdres de plus d’un mètre au Liban. Elle ajoute que la Forêt des artistes marque le début d’un projet de reboisement à l’échelle nationale, qui englobera plusieurs autres villages.

Un hommage rendu aux artistes libanais
Sans les 70 artistes ayant répondu présent lors du lancement du projet en mars 2019 pour la campagne « Dessine-moi un cèdre », ce projet de reboisement n’aurait pas été possible. Ce sont à « ces artistes qui aiment le Liban à leur manière », comme l’a affirmé dans son discours le ministre de l’Environnement Fady Jreissati, parrain de l’événement et présent au cours de l’inauguration, que l’on doit donc la réussite de cette entreprise. Ils ont, à travers leurs propres interprétations artistiques du cèdre libanais, permis au Liban de retrouver sa splendeur d’antan, a souligné M. Jreissati. Le soutien du ministre tout comme celui de Riad Salamé, gouverneur de la Banque du Liban, ont été extrêmement précieux, tient à préciser Pascale Choueiri Saad. Ces sculpteurs, peintres mais aussi photographes libanais, ont permis, grâce à la vente de leurs œuvres, de financer l’actuelle Forêt des artistes, à qui ils ont donné leurs noms. Chaque artiste tout comme chaque partenaire ayant permis à ce projet de voir le jour ont eu l’un des mille cèdres planté à leurs noms, y compris nombre de journalistes, dont notamment notre collègue Suzanne Baaklini et nos confrères Bassam Abou Zeid et Saad Élias, à titre d’exemple. Parmi les artistes, Camille Tarazi, auteur d’une toile représentant un cèdre composé de 18 matériaux différents. Layal Khawly, diplômée de l’ALBA, a également réalisé une toile qui réinterprète le cèdre libanais. « Cet appel à participation représentait pour moi une grande responsabilité et un immense honneur », confie-t-elle à L’Orient-Le Jour.

Un symbole de résistance
Cette forêt est non seulement un symbole d’espoir, mais elle est également synonyme de résistance « contre ceux qui s’opposent au projet de corridor des cèdres » (un projet de reboisement de tout le Mont- Liban), plaide M. Jreissati, en référence aux achats de terres et à la bétonisation du territoire auxquels il a dit s’opposer malgré les pressions. « La mobilisation de la société civile est extrêmement importante, c’est elle qui fait la différence de par son engagement », a-t-il affirmé.

De son côté, Joséphine Zougheib affirme à L’OLJ que la corruption endémique et le système rigide rendent difficile l’établissement d’un « Liban vert et civil ».

Sur les deux réservoirs destinés à irriguer les cèdres jusqu’à ce qu’ils soient assez grands pour survivre par eux-mêmes, chacun appose sa signature à travers un mot de soutien ou d’espoir. On peut notamment y lire : « Gardez mon Liban propre, vert, pour toujours. »

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