LIBAN : Qui veut la peau de Farès Souhaid

 

 

OPPOSITION

M. H. G. | OLJ
03/01/2019

Dans un landernau politique veule, prompt au compromis avec les forces de fait, Farès Souhaid, avec tous ses défauts, a continué à défendre des positions de principe, souvent avec un style tranchant, parfois quelque peu rigide, mais néanmoins sain : comment détruire ce qui a fait l’unité sacro-sainte du printemps de Beyrouth, cet espace transversal et transcommunautaire créateur de souveraineté dans le pays. Cette unité qui a été laminée par les petits compromis à caractère éminemment communautaires et affairistes qui ont débouché sur le compromis présidentiel du 31 octobre 2016.

Aujourd’hui, le Hezbollah à travers une cohorte d’avocats – Hassan Bazzi, Mariam Hamdane et Soha Ismaïl – veut traduire l’ancien député de Kesrouan-Jbeil en justice pour « appel à la paix avec Israël ». C’est l’hôpital qui se fiche de la charité, lorsque l’on sait que les canaux entre le Hezbollah et Israël sans jamais tenir compte de l’État libanais.

(Lire aussi : Souhaid : Je n’ai absolument rien à voir avec la démission de Hariri en novembre dernier)

« Aux sunnites ? Sortez de votre frustration. Vous êtes le nombre, l’étendue et la oumma. Vous n’êtes pas une communauté à la recherche de garanties pour continuer à subsister. Restez attachés à la Constitution, non pas à la recherche de garanties vis-à-vis du système, mais parce que la Constitution souligne la finalité de l’entité libanaise ainsi que son arabité et le sens du vivre-ensemble », poursuit M. Souhaid.

« Aux chiites ? Je souhaite l’humilité. Le Liban a été témoin avant vous de situations similaires à la capacité de puissance du Hezbollah. Elles ont fait naufrage sur les récifs du Liban diversifié. Vous paierez le prix en cas de retournement de la situation dans la région. Retournez à la Constitution. Vous êtes la fierté de ce pays, n’œuvrez pas pour le compte de l’Iran », a-t-il noté.

« Aux druzes, je leur souhaite de résister. C’est vous qui avez créé l’entité libanaise. Restez attachés à votre progressisme au lieu de vous contenter d’obtenir des garanties d’existence. Le Liban a de nouveau besoin de vous », a souligné Farès Souhaid.

« À l’ensemble des Libanais, je souhaite la santé, un avenir plein d’entrain pour les enfants dans la région, ainsi que de la patience pour ceux dont la situation empire. La force, c’est de poursuivre envers et contre tout. Vous êtes un peuple créatif, lumineux. Le Liban n’est pas un appartement meublé que l’on peut quitter pour y retourner lorsque l’envie nous en prend, il mérite de nous l’appréciation et le sacrifice, d’autant que vous valez mieux que la classe politique qui vous gouverne », a-t-il conclu.

À L’Orient-Le Jour, Farès Souhaid dénonce une volonté d’intimidation politique de la part du Hezbollah – une de plus, du reste, puisqu’il avait déjà fait l’objet de poursuites (sans lendemains) au lendemain d’une faute de frappe dans un tweet en décembre 2017. En février 2018, puis en octobre 2018, le Rassemblement de Saydet el-Jabal, présidé par M. Souhaid, qui dénonce la tutelle iranienne sur le Liban, avait été interdit de tenir des assises dans des hôtels de la capitale, sous l’influence manifeste du Hezbollah.

Qu’à cela ne tienne, « tout cela ne me dissuadera pas de continuer à réclamer la fin de la tutelle iranienne sur le Liban. Je refuse de me laisser intimider », assène M. Souhaid au Hezbollah, sans sourciller.

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