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LIBAN Le Liban de nouveau confronté à une crise des déchets d’ici à huit mois, avertit Chehayeb

LIBAN Le Liban de nouveau confronté à une crise des déchets d’ici à huit mois, avertit Chehayeb


DÉCHETS

L’ancien ministre de l’Agriculture craint la saturation de la décharge de Costa Brava d’ici à huit mois, et celle de Bourj Hammoud d’ici à onze mois au plus.

02/08/2017

Sur le dossier de la gestion des déchets ménagers qu’il a qualifié « d’urgent », le député Akram Chehayeb, président de la commission parlementaire de l’Environnement, a fait une déclaration alarmante hier à l’issue d’une réunion avec le ministre de l’Environnement, Tarek el-Khatib.
« Selon mes estimations, la décharge de Costa Brava, qui était conçue comme une solution temporaire, sera saturée d’ici à huit mois, a-t-il dit. De même pour la décharge de Bourj Hammoud, qui était une solution incomplète en l’absence d’alternatives, et qui pourrait être fermée d’ici à onze mois, je pense. »
Les décharges côtières de Bourj Hammoud (nord de Beyrouth) et de Costa Brava (Choueifat, sud de Beyrouth) sont, malgré toute la polémique qui a accompagné leur construction, la pierre angulaire du plan gouvernemental de gestion des déchets adopté en mars 2016 après neuf mois de crise des ordures dans les rues, due à la fermeture de la principale décharge du pays à Naamé, en juillet 2015. Akram Chehayeb, qui était ministre de l’Agriculture au sein du précédent gouvernement, est le principal artisan de ce plan de sortie de crise. Or c’est lui qui, actuellement, tire la sonnette d’alarme. Pourquoi ?
« Quand nous avions conçu ce plan (des deux décharges), il était prévu pour trois ans, un délai suffisant pour que le gouvernement adopte sa stratégie durable suivant sa propre décision datant de 2010, celle de la transformation des déchets en énergie, dit-il à L’OLJ. Or, plusieurs mois plus tard, nous n’avons finalisé ni les appels d’offres, ni assuré l’emplacement (du futur incinérateur), ni choisi les sociétés, ni rien fait du tout, sachant qu’un tel plan nécessite 36 mois de travail au plus bas mot. Et les décharges se remplissent à la vitesse de l’éclair. Faites le calcul : au lieu de recevoir 1 100 tonnes quotidiennes chacune, elles en accueillent 1 600, sans compter les » extras « qui sont payés de côté et dont on ne peut évaluer le volume ! Parallèlement, aucun effort de réduction du volume des déchets à la base (par le tri, le recyclage…) n’est constaté. Si rien n’est fait, nous serons face à un problème majeur d’ici huit à dix mois. »
Dans une déclaration, M. Chehayeb a parlé d’une solution temporaire pour combler le délai qui séparera nécessairement la saturation des deux décharges et l’adoption d’une solution durable. Interrogé par L’OLJ sur cette solution temporaire, il rappelle le premier plan qu’il avait proposé lorsqu’il était en charge de ce dossier : la création de deux décharges, l’une au Akkar et l’autre dans la Békaa. Ce premier plan, datant de septembre 2015, avait échoué du fait du refus des populations locales d’accueillir des décharges. Or, pour l’ancien ministre, ces sites seront bientôt incontournables.
Pour sa part, le ministre de l’Environnement a assuré, à l’issue de la réunion, « être d’accord avec le constat de M. Chehayeb », soulignant « avoir déjà soulevé ces points au sein de la commission ministérielle chargée de ce dossier ». Il a cependant affirmé, en réponse à une question, que « la crise des déchets dans les rues ne se répétera pas », ajoutant « ne pas savoir sur quelles bases M. Chehayeb estime que la saturation des décharges interviendra dans huit et onze mois ». Il a lui aussi évoqué « un plan alternatif qui sera présenté au Conseil des ministres pour adoption ». Le ministre n’était pas disponible hier pour apporter des précisions supplémentaires hier à ce sujet.

Carrières : mesures discrétionnaires
Les deux hommes ont également discuté du dossier des carrières et dénoncé ensemble les mesures discrétionnaires qui favorisent certains exploitants de carrières au détriment d’autres, au lieu d’une gestion rationnelle qui respecte l’environnement et l’égalité.
« Nous sommes tous deux du même avis, soit toutes les carrières fonctionnent, soit elles sont toutes fermées, a affirmé M. Chehayeb. En tant qu’environnementaliste, je serais plutôt pour la seconde option, préférant l’importation des matières premières. Mais la réalité est tout autre, et les mesures discrétionnaires au niveau des permis d’exploitation génère beaucoup d’injustices. » Il a plus spécifiquement évoqué de petits exploitants dans la région de Aïn Dara, forcés de constater que les grandes compagnies poursuivent leur travail alors que leurs propres carrières sont gelées. « Nous espérons une solution afin d’éviter l’escalade », a-t-il ajouté.
Exprimant une opinion très similaire, M. Khatib a appelé à « l’adoption de critères uniques pour tous, dans le respect de la loi ». « J’ai présenté au secrétariat général du Conseil des ministres un plan de gestion du dossier des carrières dans lequel les critères sont unifiés et je suis prêt à le remettre sur la table, a-t-il insisté. Il n’est pas envisageable que le travail soit permis pour certains et interdit pour d’autres, ce qui constitue un risque de crise. »

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