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LIBAN : Depuis des millénaires, le peuple libanais n’a pas bougé d’un iota

LIBAN : Depuis des millénaires, le peuple libanais n’a pas bougé d’un iota

ÉTUDESelon une nouvelle étude scientifique publiée par l’institut britannique Wellcome Trust Sanger, les Libanais descendent directement des Cananéens.

29/07/2017
Les Libanais descendent directement des Cananéens, un peuple ancien et énigmatique du Proche-Orient, suggère une nouvelle étude scientifique publiée par l’institut britannique Wellcome Trust Sanger, qui fait actuellement le buzz sur la Toile.

Des scientifiques, dont les travaux ont été publiés jeudi dans l’American Journal of Human Genetics, ont comparé l’ADN récupéré sur des ossements de cinq personnes qui vivaient il y a 4 000 ans et mis au jour à Saïda à celui de milliers de personnes dans le monde, et plus particulièrement dans la région, dont 99 Libanais contemporains.
Ces 99 échantillons viennent du laboratoire du généticien libanais Pierre Zalloua, pionnier des études génétiques sur le Levant. Interrogé par L’Orient-Le Jour à ce sujet, M. Zalloua précise que « le mérite de cette nouvelle étude en particulier réside dans le fait qu’elle se base pour la toute première fois sur des données archéologiques ».
Les généticiens ont déterminé que les lignées d’ancêtres de tous les Libanais sont à environ 90 % cananéennes, le reste relevant de différentes populations eurasiennes. « Dans ce sens, cette étude vient confirmer d’autres études précédentes, qui ont également déterminé l’origine cananéenne des Libanais », commente M. Zalloua. Le texte original de l’étude précise en effet que les Cananéens ont plus tard été connus sous l’appellation de Phéniciens.
L’étude n’apporte donc pas de nouveauté à ce niveau et confirme une fois de plus la descendance des Libanais, puisque Cananéens et Phéniciens constituent une seule et même entité.
En janvier 2008, une étude menée depuis 2002 par le généticien sur le thème « Qui étaient les Phéniciens ? » avait déjà établi que 30 % des Libanais sont effectivement les descendants des Phéniciens ou des Cananéens.
La nouveauté serait ailleurs, selon M. Zalloua. « Ce qui est particulièrement intéressant dans cette étude, c’est qu’elle prouve que le peuple libanais vit dans cette région depuis des millénaires et n’a pas bougé d’un iota », assure le généticien. « Pour la première fois, nous avons des indices génétiques montrant une continuité démographique dans la région depuis les populations cananéennes de l’âge du bronze à celles d’aujourd’hui », se félicite pour sa part Claude Doumet-Serhal, la directrice du site d’excavation de Saïda, et coauteure de cette étude. « Ces résultats confirment la continuité observée par les archéologues », souligne-t-elle, ajoutant « qu’une collaboration entre la génétique et l’archéologie enrichit ces deux champs de recherche… ».
Les Cananéens, qui occupaient cette région durant l’âge du bronze de 3 000 à 1 000 ans avant l’ère chrétienne, étaient en fait des Phéniciens sémites. Ils s’établirent dans le pays de Canaan sur la côte, entre le mont Carmel au Liban jusqu’à Ougarit au Nord, aujourd’hui en Syrie. Ils ont fondé de nombreux ports tels Jbeil, Saïda et Tyr. Les Cananéens ont notamment inventé le premier alphabet et d’autres aspects de la société tels que nous les connaissons aujourd’hui. Ils ont aussi établi de nombreuses colonies dans le bassin méditerranéen. Malgré cela, les références historiques sur ce peuple sont très limitées. Il a été mentionné par les Grecs anciens et des textes égyptiens.
Historiens et anthropologues ont longtemps débattu de l’origine génétique des Cananéens et de ce qui est advenu de ce peuple, rappelle l’AFP.
Le séquençage de l’ADN des cinq Cananéens a également révélé que ces derniers étaient eux-mêmes un mélange génétique des peuplades d’agriculteurs durant la période néolithique et des migrants venus d’Orient dans la région il y a environ 5 000 ans.
Cette étude ne sera pas la dernière et ne clôture pas les recherches. Pierre Zalloua affirme à L’OLJ qu’il compte en effet pousser ses recherches encore plus loin, dans le but de découvrir d’où provient la population levantine, d’autant qu’il y a 10 000 ans elle était dispersée en groupes. « Il s’agit de savoir comment cette population a été formée génétiquement et de quelle souche elle provient », précise-t-il. « Cette nouvelle étape poursuivra le travail que je mène sur le Levant depuis une quinzaine d’années et qui devrait nous amener à savoir à quel moment de l’histoire le terme Levant a été utilisé pour la première fois », conclut-il.

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