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LIBAN : Dénouement heureux pour la Maison rose

LIBAN : Dénouement heureux pour la Maison rose

L’acquéreur, l’homme d’affaires Hicham Jaroudi, a décidé de faire restaurer le vénérable édifice centenaire

14/07/2017

Il avait déclaré à la presse qu’elle sera conservée et mise en valeur. Promesse tenue. L’homme d’affaires Hicham Jaroudi a confié la restauration de la Maison rose à l’architecte Jacques Abou Khaled

Quand Hicham Jaroudi, promoteur immobilier et président du club Riyadi de Beyrouth, a acheté l’édifice, on pouvait redouter un quelconque projet immobilier faisant disparaître la magnifique demeure traditionnelle dans la plus grande indifférence. Cela n’a pas été le cas. L’architecte Jacques Abou Khaled a déjà établi le planning des travaux pour sa remise à neuf. Il n’attend plus que le permis de rénovation

Implantée au sein d’un terrain de 2 800 mètres carrés, la Maison rose est située à la fin de la rue Bliss, et jouxte le vieux phare, qui veille sur elle comme une sentinelle. Elle a entamé son existence comme pavillon de chasse construit par Mohammad Ardati, en 1880, signale Nadia Jaroudi Raad, la fille du nouveau propriétaire. Ses voûtes en pierre de grès atteignent cinq mètres de haut

En 1920, du temps où Ras Beyrouth était un champ de figues de barbarie, on lui a rajouté un étage et demi, offrant un panorama à 360 degrés sur la mer et la montagne. Cette maison traditionnelle d’un intérêt architectural indéniable, classée bâtiment patrimonial, présente une superficie d’environ 850 mètres carrés de bâti. Elle est dotée d’un jardin à deux niveaux avec piscine, enfouie aujourd’hui sous la broussaille

La maison, qui a servi depuis 1964 de résidence à Margot el-Khazen et sa famille, avant d’être acquise en 2014 par M. Jaroudi, est en effet dans un état désolant. Pour donner un aperçu de l’état actuel de l’édifice, l’architecte Abou Khaled et Nadia Jaroudi Raad pointent leur doigt sur les fissures et les déformations apparentes, provoquées par diverses agressions et qui ont fait éclater le béton d’enrobage de la galerie d’arcades

Urgence
Une partie du balcon du troisième étage s’est effondrée, cassant un morceau de celui du dessous. À l’intérieur, le ferraillage principal porteur de la maison est très endommagé. Les murs font du ventre. La rouille des éléments de ferrure fixés dans les encadrements, comme les attaches des volets et des portes, ont provoqué des éclatements dans la pierre. Les fenêtres sont cassées, et un peu partout les portes ne ferment plus. Heureusement, dans le hall central, qui se termine d’un côté par trois arches, les vitraux colorés sont presque intacts. De même, les colonnes et le dallage en marbre. Sinon, une restauration intégrale est à réaliser pour remettre en état la maison

« Il faut une maintenance urgente, pour éviter une catastrophe. Nous allons entreprendre un soutènement complet avec échafaudage, en attendant le permis de restauration », affirme Jacques Abou Khaled
Il signale qu’une plateforme virtuelle a été indispensable pour établir une typologie des dommages. De même, le diagnostic établi a permis de cibler les interventions, de décider des actions à entreprendre, des moyens à mettre en œuvre, de choisir les matériaux et méthodes les plus adaptés pour protéger la carcasse. « Nous procéderons élément par élément. Nous avons identifié les pièces à traiter, renforcer ou remplacer à l’identique. Il reste à définir le programme : séparer les étages pour les louer, ou alors les lier en une seule habitation. Dans tous les cas de figure, il faut lui rajouter toutes les commodités modernes, salles d’eau, cuisine, chauffage, etc., qui peuvent lui manquer pour en faire un lieu de vie. Mais, pour commencer, il faut assurer la stabilité des murs externes et celle des arcades de la façade. Car leur détérioration est rapide et ils peuvent tomber à tout moment », ajoute M. Abou Khaled

Une lourde mais nécessaire rénovation pour sauver la Maison rose, dont la couleur est une ode au cachet typique, et au charme intemporel qui incarne le vieux Liban

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