LIBAN : Ces 8 femmes auxquelles le Liban doit (presque) tout

HOMMAGE
08/03/2018

Pour cette cuvée 2018 de la Journée de la femme, « L’Orient-Le Jour » a choisi de ramener au bon souvenir des Libanais(e)s huit femmes d’exception, toutes aujourd’hui disparues. Chacune dans son domaine, elles auront modelé, avec patience et pugnacité, notre Liban, le vôtre, lecteurs et lectrices, et celui de « L’Orient-Le Jour » : un Liban libre, heureux, apaisé, prodigieux, amoureux de sa jeunesse ; un Liban modèle, pont entre tant de rives. Les voici, par ordre alphabétique, souriantes, mais inquiètes pour nous, toutes les huit, de là-haut.

Zalfa Chamoun (1910-1971)

Photo D.R.

La femme de tous les mondes : la jeunesse à Beyrouth, la vieille adolescence aux Beaux-Arts du Caire, jeune adulte à Londres avec son mari, alors ministre plénipotentiaire, et puis Baabda, pour les six ans d’or d’un Liban qui ne connaîtra plus pareille époque, pareil rayonnement, pareille réputation. La femme de toutes les beautés, celles de dedans et celles du dehors : elle adorait peindre et dessiner, et créer ses propres vêtements, et encourager, comme personne, les jeunes artistes, musiciens notamment. La femme de tout ce qui est bon : elle a convaincu le président Chamoun de la nécessité de donner aux femmes le droit de vote et elle a fondé l’école laïque pour malvoyants et malentendants. Son visage et son cœur resteront ceux d’un Liban que la majorité des Libanais rêve de retrouver – Grace Kelly avec la Méditerranée dans l’âme.

Nazira Joumblatt (1890-1951)

Photo d’archives/L’OLJ
Sitt Nazira. La gardienne du temple – druze, bien sûr, mais libanais aussi, avec les patriarches Hoayek et Arida. Ce que l’histoire, les romanciers, les cinéastes ou les on-dit retiennent d’elle importent peu. Ce qui reste(ra), éternellement, de la mère de Kamal Joumblatt, c’est une intelligence, un charme, une libanitude et un parcours politique himalayens que l’immense majorité des leaders masculins de ce pays, toutes générations confondues, peut lui envier. Héritière et chef après l’assassinat de son mari Fouad en 1921 (le sang a toujours été dans l’ADN du Liban…), elle aura rythmé, jour après jour, deux décennies de praxis politique. Et il y a un peu (beaucoup) de Nazira Joumblatt dans son arrière-petite-fille, Dalia Joumblatt. Bon sang ment très rarement…

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