LIBAN , Abousleiman : Les motivations derrière l’application de la loi sont légales et non politiques

PERMIS DE TRAVAIL

Le ministre du Travail appelle les Palestiniens à profiter des facilités qui leur sont proposées, soulignant que « le permis de travail est en faveur de l’employé et ne lui ôte pas sa qualité de réfugié ».OLJ24/07/20191

Le ministre du Travail, Camille Abousleiman, a affirmé qu’il n’y a « aucune motivation politique » à l’application du plan de travail pour lutter contre le travail illégal des étrangers. « La motivation est d’ordre légal », a-t-il affirmé devant une délégation de l’Union des syndicats des employés palestiniens au Liban. « La loi ne peut pas être fragmentée, a-t-il ajouté. Elle s’applique à tous sans exception. Elle ne peut pas exclure une catégorie particulière. »

Dans le cadre de ce plan de travail, instauré en mai dernier et lancé le 11 juillet, « près de 750 infractions ont été recensées à ce jour, dont deux auprès d’employeurs palestiniens », a précisé M. Abousleiman lors d’un point de presse à l’issue de la réunion, expliquant avoir exposé à la délégation les facilités que son ministère a données aux Palestiniens concernant les documents requis pour obtenir le permis de travail, ainsi que les bénéfices qu’ils peuvent en tirer, notamment en ce qui concerne les indemnités de fin de service.La mise en œuvre du plan s’est accompagnée, depuis plusieurs jours, de mouvements de protestation plus ou moins violentes de la part des Palestiniens.

« Certains membres de la délégation ont demandé à ce que les Palestiniens soient entièrement exemptés de l’obtention du permis de travail, mais cela nécessite un amendement de la loi », a poursuivi M. Abousleiman, notant que la Commission de dialogue libano-palestinienne « insiste sur la nécessité pour les Palestiniens d’obtenir ce permis, tout en prenant en considération les spécificités prévues dans la loi ».

En 2010, le Parlement avait levé les restrictions imposées en matière d’emploi aux réfugiés palestiniens, jusque-là confinés à quelques secteurs, comme l’agriculture ou le bâtiment. Les professions libérales et la fonction publique restent néanmoins réservées aux Libanais. De plus, le ministère du Travail avait publié plusieurs décisions les exemptant des frais du permis de travail, des examens laborantins, de l’assurance et des autorisations préalables. L’employeur palestinien a également été exempté de déposer la somme de 100 millions de livres dans le capital de l’entreprise. « Nous appelons les Palestiniens à profiter de ces facilités parce que le permis de travail est en faveur de l’employé et ne lui ôte pas sa qualité de réfugié », a encore insisté M. Abousleiman.

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Tant le Courant patriotique libre (CPL) que les Kataëb ont exprimé leur soutien au plan du ministre du Travail. « Nous soutenons les Forces libanaises (auxquelles est affilié M. Abousleiman) sur la question du code du travail », a ainsi déclaré le ministre des Affaires étrangères et chef du CPL, Gebran Bassil, exprimant le souhait que la formation de Samir Geagea maintienne cette position. « Nous sommes en faveur d’un renforcement de l’application du code du travail pour assurer des opportunités de travail aux Libanais avec l’augmentation sans précédent du taux de chômage », a-t-il ajouté à l’issue de la réunion hebdomadaire du bloc parlementaire du « Liban fort », dont le Courant patriotique libre est la principale composante.

« Il est de notre devoir de protéger le marché du travail, a encore insisté M. Bassil. La mesure (du ministère du Travail, NDLR) englobe l’ensemble des étrangers et n’est pas dirigée contre une catégorie spécifique (…). Tout ce qui contribue à normaliser la présence palestinienne et syrienne au Liban est une forme d’implantation. » « Que ceux qui se préoccupent des frères palestiniens et syriens travaillent avec nous en faveur de leur retour, d’autant que l’un des piliers de l’accord du siècle est de mettre fin au droit au retour », a ajouté M. Bassil, en référence au plan de paix américain pour le Moyen-Orient proposé par le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner.

Quant aux Kataëb, ils ont mis en garde contre « le danger d’un retour aux étalages de force palestiniens avec ou sans prétexte ». Dans un communiqué publié à l’issue de leur réunion hebdomadaire, ils ont en outre appelé à « l’application des décisions de la table du dialogue pour ce qui est du désarmement dans et en dehors des camps palestiniens, comme à l’application des lois libanaises en vigueur pour les Libanais, les déplacés et les réfugiés, notamment le code du travail ».

De son côté, le secrétaire général du courant du Futur, Ahmad Hariri, a déclaré que « la décision du ministère du Travail concernant le travail des Palestiniens au Liban est en train d’être discuté par les plus hautes autorités compétentes », exprimant le souhait que les démarches entreprises par le président du Parlement, Nabih Berry, et le Premier ministre, Saad Hariri, aboutissent à « une solution médiane ». « Nous n’accepterons pas que nos frères palestiniens sentent qu’ils sont persécutés ou marginalisés, d’autant que cela ne servira pas leur cause principale, à savoir le droit au retour », a affirmé M. Hariri lors d’une tournée qu’il a effectuée à Saïda.

Par ailleurs, une rencontre libano-palestinienne a eu lieu hier au siège de l’Union nationale des syndicats des employés consacrée aux répercussions de la décision du ministre du Travail sur les Palestiniens. Les parties réunies ont appelé les autorités concernées à « traiter les conséquences négatives de la décision du ministre du Travail ». Elles ont également annoncé des mouvements de solidarité avec les Palestiniens.

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