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Le Phoenicia, avant le Santa Maria de Christophe Colomb

Le Phoenicia, avant le Santa Maria de Christophe Colomb

19/04/2017

 

Le bateau Phoenicia, qui partira de Gibraltar en septembre prochain, devrait naviguer durant deux mois pour atteindre les États-Unis. Sa particularité : il est une exacte réplique des embarcations utilisées, dès 1200 av. J.-C., par les Phéniciens pour parcourir les mers, et qui auraient pu les faire débarquer dans le Nouveau Monde, bien avant Christophe Colomb

Les détails et le but de ce parcours, entrepris aujourd’hui pour tester cette possibilité, ont été détaillés lors d’un déjeuner donné au domicile d’un grand nom du mécénat washingtonien, Esther Coopersmith, une grande supportrice de l’Association internationale pour la sauvegarde de Tyr, qui sponsorise l’exploit de cette reprise de la navigation millénaire intitulée Un voyage de l’ancien au Nouveau Monde. La présidente de cette association, Maha el-Khalil Chalabi, a indiqué que cette initiative a pour point de départ des découvertes de vestiges phéniciens dans les îles Açores et les îles Canaries, et même au Brésil et au Pérou. Elle a pu se concrétiser grâce à un ancien officier de la marine britannique, le capitaine Philip Beale, épris de recherches et d’exploration. Présent à cette rencontre, il a rappelé que le bateau Phoenicia (50 tonnes et 20 mètres de long) qu’il avait conçu et fait construire à l’aide de matériaux traditionnels, avait déjà suivi, en 2008, les pas des Phéniciens sillonnant l’Afrique

Soutenue par les ministères libanais du Tourisme et de l’Information, cette traversée spéciale de l’Atlantique, qui se fera au gré des orages, des vents forts et de la (seule) voile, sera un grand défi. Et une tentative de répondre à une question historique : qui ont été les premiers navigateurs à découvrir l’Amérique ? Les Vikings sont aussi en lice

Back to the future
Le capitaine Beale précise : – Ceci est l’un des plus grands voyages de l’humanité et, si quelqu’un a bien pu le faire avant Christophe Colomb, c’est bien les Phéniciens. Ils étaient les plus grands navigateurs et aussi les premiers à utiliser les clous en fer. De plus, ils possédaient une très grande connaissance de l’astronomie et des courants

En enregistrant une première avec son abordage sur les côtes américaines, le Phoenicia aurait accompli une autre mission : stimuler les chercheurs à approfondir l’étude de l’impact d’une civilisation méditerranéenne millénaire sur ce que l’on appelait terra incognita. Le capitaine Beale sera accompagné d’une équipe de huit personnes de différentes nationalités, mêlant des experts en navigation et des novices. Carla Jazzar, chargée d’affaires de l’ambassade du Liban, qui sponsorisait cette rencontre, a salué l’apport du capitaine à l’histoire

Et, Phénicie partout, l’ambassadeur de Malte à Washington, Pierre Clive Agius, convié à ce déjeuner, a évoqué les travaux du scientifique libanais Pierre Zalloua, entrepris en collaboration avec le National Geographic Emerging Explorer. Ses recherches ont démontré qu’une partie des chromosomes de la population maltaise dérive des Phéniciens. Une autre plongée a suivi cette explication, cette fois en terre ferme, dans la vie de nos vrais ancêtres (donc pas les Gaulois), revisitée toujours par l’Association internationale pour la sauvegarde de Tyr qui signe une belle entreprise baptisée Le village artisanal de Tyr, sis à l’intérieur de la ville mythique. Film à l’appui, Mme Chalabi en a expliqué le principe et le but. Bâti selon une architecture néophénicienne, cet ensemble se veut également un modèle culturel de développement écotouristique au Liban-Sud. Il vise à assurer, à perpétuer et à mettre au goût du jour et selon les besoins le traditionnel artisanat dérivé des Phéniciens : verre soufflé, céramique, bijouterie, etc. De plus, les ateliers qu’il abrite vont procurer plus d’une centaine d’emplois, particulièrement pour les femmes et les personnes souffrant de handicaps dans une région marquée par le chômage. Le village établira un lien avec des centres d’art pour donner l’occasion à ses artisans d’effectuer sur place des sessions d’initiation aux diverses techniques. Une autre présentation se fera sur le même thème à New York

L’Association pour la sauvegarde de Tyr se bat, depuis sa création en 1980, pour communiquer à la ville d’aujourd’hui son âme millénaire de maîtresse des mers et fondatrices de comptoirs prospères. Un véritable back to the future par air, terre et mer

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