الرئيسية / مقالات /
IV – Et maintenant, on fait quoi ?

IV – Et maintenant, on fait quoi ?

Photo C.K.CARNET DE BORDChristian KAMEL | OLJ27/09/2019

L’été au Liban, ou comment « survitaminer » un pays pendant trois mois ! Le temps de faire le plein de soleil, de sorties, de rencontres – car on ne sait jamais lorsqu’une pénurie risque de nous tomber dessus ici… Et des belles visites cet été, nous en avons eues, bien que nous soyons nous-mêmes à peine rentrés au bercail.

« Christian ? C’est Patrick au téléphone, je viens passer les vacances au Liban avec les enfants ! » Encore un qui vient gonfler les rangs de ces Libanais de la diaspora qui veulent faire un tour au pays de leurs racines. Bien que mon cousin n’ait jamais vécu au Liban, il s’est découvert un intérêt, et je crois même une émotion, pour notre pays. Aujourd’hui, une nouvelle génération de la famille se pose d’anciennes questions : papa, on vient d’où ?

Avant l’arrivée annoncée d’un visiteur de l’étranger, c’est le branle-bas de combat, il faut tout préparer, arranger, mettre la maison en ordre, préparer un programme de visites hyperdense et bien ficelé. Ils doivent voir un maximum de choses, il faut qu’on leur en mette plein la vue. Avec, toujours, cette petite inquiétude : vont-ils aimer, quelle impression auront-ils du pays, que vont-ils en dire aux amis restés chez eux, à la famille qui n’a pas osé venir? Surprenant ce désir que nous avons de plaire, pour qu’ils veuillent bien penser à nous. Et ne pas nous oublier.

Je vous rassure, les cousins sont rentrés enchantés, émerveillés. Ils ont d’ailleurs déjà prévu un retour et le programme pour les vacances de l’année prochaine ! Et si l’on arrivait à maintenir, à renforcer même, ce lien ombilical avec nos expatriés ? On peut se permettre de rêver un peu. Rêver qu’après avoir fait la fête et profité du soleil libanais, les expatriés, une fois de retour dans leur pays d’adoption, nous gardent dans leurs cœurs, mais également à l’esprit. Qu’ils nous renvoient des occasions de bâtir des liens économiques et sociaux avec leurs pays d’adoption? Qui sait, si l’on parvenait à établir ce type de riche relation, peut-être pourrait-on bénéficier d’une bonne dose de vitamines à l’année, et pas seulement pendant les quelques mois d’été.Le Liban, c’est bien plus que cette période estivale, c’est un tout, un pays qui vit et revit, et qui mérite qu’on s’occupe de lui en permanence, et pas seulement en mode Club Med, formule tout compris…

L’été est officiellement terminé, et nos deux millions de cousines et de cousins sont rentrés chez eux. Alors maintenant, on fait quoi ? Que fait-on maintenant que nous nous retrouvons entre nous ? On sort les pantoufles et on se prépare pour l’hiver ? Comme un lendemain de fête, quand on n’a plus besoin de se faire beau, d’afficher à quel point on est heureux au pays ?  Faites évoluer votre abonnement et profitez maintenant d’un accès illimité aux contenus réservés aux abonnés PremiumPlus de détails

On peut aussi envisager cette nouvelle période comme un retour à la normale salutaire et sain, en mode détox, le temps de reprendre un rythme plus tenable, et qui sait se remettre au travail un peu…

Tout le monde est parti, alors on s’encabane. S’encabaner, oui, dans l’acception québécoise du terme. Ce n’est pas parce que le « yalla » est entré dans notre vocabulaire, que nous allons renoncer, pour autant, à la richesse du Québécois. S’encabaner, c’est se retrouver à la maison, une tasse de tisane à la main, avec sa douce. Et aujourd’hui, avec la musique de Feyrouz en arrière-plan. Chers cousines et cousins, nous vous aimons, vous nous manquez déjà !

Et surtout, maintenant que vous êtes rentrés dans vos pays d’adoption, loin du Liban, ne nous oubliez pas. Nous vous attendons, ici, au moins une fois par an.

Ce carnet de bord est le récit, partagé une fois par semaine, du retour de Christian Kamel, son épouse et leur fils au Liban après des années passées au Canada. Alors qu’ils sont si nombreux à vouloir quitter le pays du Cèdre, un émigré fait le chemin inverse. Parce que ce pays, qu’il a quitté enfant, est aussi le sien.

اضف رد