Haro sur les mouettes ! La chasse est ouverte jusqu’à la fin du mois!

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Des mouettes tuées par des chasseurs près de l’aéroport international de Beyrouth. Anwar Amro/AFP

OLJ
15/01/2017

Même son de cloche du côté du PDG de la compagnie aérienne libanaise MEA, Mohammad el-Hout : “Nous ne sommes pas heureux de devoir tirer sur des mouettes pour résoudre la crise. (…) Mais la sécurité des passagers passe avant celle des oiseaux”, a-t-il dit.

Des images montrant des chasseurs tirant sur des mouettes près de l’aéroport, en présence de forces de l’ordre, ont soulevé l’indignation de plusieurs groupes citoyens et écologistes qui ont dénoncé un “crime”.”Le nombre de chasseurs était limité, a toutefois défendu le responsable de la MEA, tout en affirmant que cette “opération” a permis de réduire la présence des oiseaux dans les environs de l’aéroport. “La chasse se poursuivra jusqu’à la fin du mois de janvier, a-t-il ajouté, donnant du temps au gouvernement pour mettre en place les mesures nécessaire pour régler le problème”.

M. el-Hout a enfin rappelé que la gestion de la crise “ne relève pas de la responsabilité de la MEA”. “Nous nous sommes réunis avec tous les responsables pour régler la crise du dépotoir autour de l’aéroport, mais personne ne veut nous donner une réponse”, a-t-il ajouté.

Parallèlement, des militants du groupe citoyen “Vous Puez !” ont manifesté dimanche à l’intérieur de l’aéroport de Beyrouth pour protester contre ces mesures “barbares”. Le groupe a appelé les voyageurs à faire pression sur les autorités pour mettre fin à la crise.

(Lire aussi : AIB : des mesures ont été prises, mais la fermeture de Costa Brava reste la priorité)

“Nous dénonçons le génocide orchestré par certains chasseurs contre les mouettes à Costa Brava, sous les yeux des forces de sécurité, comme l’ont montré des vidéos circulant sur les réseaux sociaux”, indique un communiqué publié samedi par le Mouvement écologique libanais (LEM). Le groupe rappelle que les mouettes sont protégées par des traités internationaux, notamment l’accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA), signé par le Liban en 1999, et la convention de Barcelone pour la protection de la mer Méditerranée contre la pollution.

Face à la prolifération des mouettes, les autorités libanaises ont pris une série de mesures, notamment en augmentant le nombre de machines émettant des sons destinés à effrayer les oiseaux. Plusieurs responsables, ainsi que le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) estiment néanmoins que la pollution du fleuve Ghadir, due au déversement des eaux usées et à l’amoncellement de déchets, constitue la principale cause de la prolifération des volatiles.

Ce dossier a relancé le débat autour du site de Costa Brava et, plus largement, sur le plan de gestion des déchets adopté par le précédent gouvernement. Mercredi, la justice avait ordonné la fermeture du site. Pour rappel, l’aire de stockage temporaire de déchets sur le site de Costa Brava doit également abriter l’une des deux décharges établies par le gouvernement, selon le plan de gestion des ordures ménagères adopté en mars dernier pour mettre fin à une crise des déchets qui a frappé Beyrouth et sa banlieue à l’été 2015.

Le plan du gouvernement prévoyait que ces sites comprennent une installation de traitement de déchets, mais celle-ci n’a pas encore vu le jour. De ce fait, les déchets se sont accumulés jusqu’à atteindre une hauteur de neuf mètres et dégagent des odeurs nauséabondes qui parviennent aux voyageurs dès leur arrivée à l’aéroport.

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