الرئيسية / أخبار الاقتصاد /
ÉCONOMIE : Mondialisation, émissions : comment les règles du jeu de l’automobile sont ébranlées

ÉCONOMIE : Mondialisation, émissions : comment les règles du jeu de l’automobile sont ébranlées

Des visiteurs au 17e Salon automobile de Shanghai, hier. Archives AFP
FOCUS

OLJ
20/04/2017

Secteur mondialisé par excellence, l’industrie automobile est rassemblée depuis hier au Salon de Shanghai, vitrine d’un marché chinois qui reste plus que jamais le premier mondial, avec 24,38 millions d’unités
Le deuxième, les États-Unis, a connu une année 2016 record à 17,55 millions, tandis que l’Europe a fini à 14,64 millions, presque au niveau d’avant la crise de 2008. La plupart des constructeurs et équipementiers affichent de juteux bénéfices
Mais avec la possible remise en cause d’accords de libre-échange et de règles de lutte contre les émissions polluantes, la période est à l’incertitude
Des hérauts du « Brexit » aux candidats « antisystème » de l’élection présidentielle française, en passant par Donald Trump, l’hostilité à une mondialisation synonyme de délocalisation et de désindustrialisation fleurit dans les programmes politiques. Or c’est en profitant du libre-échange et en réorientant leur production vers des zones à plus bas coût (Mexique, Maroc, Europe de l’Est…) que les industriels ont rétabli leurs marges. Le mouvement est encore plus sensible pour les équipementiers, dont les pièces représentent jusqu’à 80 % de la valeur ajoutée des autos.
« L’incertitude politique plus importante et l’évolution des mouvements du commerce international pourraient faire peser davantage de risques sur les constructeurs, les fournisseurs et ceux qui ont des intérêts dans le secteur », a prévenu la semaine dernière Mike Wall, expert automobile de la firme IHS Markit, en marge du salon de New York

Hausse des prix
Le cabinet Roland Berger a démontré le mois dernier que des barrières douanières auraient, sur le secteur automobile américain, un effet « nul, au mieux » sur l’économie, étant donné la hausse des prix à en attendre, entre 1 300 et 2 000 dollars sur l’ensemble des véhicules, qu’ils soient importés ou non
Les États-Unis n’importent quasiment aucune voiture fabriquée en Chine, mais en moyenne, un véhicule vendu aux États-Unis contient 7 % de pièces chinoises, selon cette étude
Autre facteur perturbant pour l’automobile mondiale, la volonté de l’administration Trump de revenir sur les objectifs de consommation moyenne définis par son prédécesseur démocrate Barack Obama à l’horizon 2025. « Avant ces discussions et ces remises en cause (…), on était dans une situation très simple pour le monde automobile où toutes les zones géographiques avaient des réglementations qui tôt ou tard s’alignaient en matière d’émissions », favorisant « les véhicules mondiaux avec des technologies qui sont mondiales », explique à l’AFP François Jaumain, associé responsable du secteur automobile chez PwC
« Si on a des réglementations qui divergent beaucoup (…) cela va représenter une dispersion des ressources scientifiques », a prévenu le patron de PSA, Carlos Tavares, mardi à Shanghai. – La difficulté pour les constructeurs est de proposer des véhicules dans chaque région du monde dont la motorisation correspond aux exigences locales en termes d’émissions ou de niveau de CO2, renchérit Marc Boilard, spécialiste du secteur chez Oliver Wyman. Comme il y a beaucoup d’incertitude là-dessus, les choix industriels sont compliqués
À long terme, toutefois, M. Jaumain se dit persuadé que les normes continueront à converger. « Il y a toujours un élément qui rentre en ligne de compte, c’est le prix du pétrole. À un moment donné, le pragmatisme revient, et si le baril redevenait extrêmement cher, on retrouverait une envie de relancer ces réglementations », souligne-t-il.
Tangi QUEMENER/AFP

اضف رد