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ÉCONOMIE La croissance américaine au plus bas depuis cinq ans en 2016

ÉCONOMIE La croissance américaine au plus bas depuis cinq ans en 2016

L’expansion économique des États-Unis s’est établie à 1,9 % au 4e trimestre en rythme annualisé. Archives AFP

CONJONCTURE

Pour 2017, les prévisions de la Maison-Blanche sur la santé de la première économie mondiale sont bien plus optimistes que celles de nombreuses instances économiques.

OLJ
01/03/2017

La croissance économique américaine a confirmé son rythme décevant pour les trois derniers mois de 2016 et l’ensemble de l’année dernière, Donald Trump s’apprêtant à dévoiler ses recettes pour la dynamiser.

L’expansion économique des États-Unis s’est établie à 1,9 % au 4e trimestre en rythme annualisé et en données corrigées des variations saisonnières, a indiqué hier le département du Commerce, confirmant sa première évaluation. Les analystes espéraient une révision en hausse à 2,1 %. Sur l’ensemble de l’année 2016, la croissance a été corroborée à 1,6 % seulement contre 2,6 % en 2015. C’est le rythme d’expansion le plus médiocre depuis 2011. Au total, le montant des biens et services produits par les États-Unis s’est établi à 18 565 milliards de dollars l’année dernière.

Au rang des bonnes nouvelles pour le dernier trimestre, les dépenses de consommation, qui représentent les deux tiers du PIB, se sont bien comportées, progressant de 3 %. « Cela reflète une confiance des ménages », ont noté les économistes de Barclays. En revanche, les investissements des entreprises, qui sont revenus modestement dans le vert au dernier trimestre, restent encore timides tandis que les dépenses publiques ont ralenti leur progression.

Le déficit commercial a pesé sur la croissance. Non seulement les exportations ont reculé (-4 %), mais les importations ont augmenté de 8,5 %, une distorsion qui a toutefois été exagérée par des exportations exceptionnelles de soja au 3e trimestre liées à la sécheresse au Brésil. Au total, alors que la consommation a compté pour 2,05 points dans la croissance, le déficit des échanges commerciaux en a ôté 1,70 point, a précisé le ministère.

Le marché immobilier a tiré son épingle du jeu, avançant de 9,6 % au dernier trimestre, sa meilleure progression depuis fin 2015.

Optimisme

Pour 2017, à toutes mesures politiques égales, l’activité devrait s’accélérer légèrement. Mais les prévisions de la Maison-Blanche sur la santé de la première économie mondiale sont bien plus optimistes que celles de nombreuses instances économiques.

Sans tenir compte des promesses de réduction d’impôts et de relance budgétaire de Donald Trump arrivé à la Maison-Blanche fin janvier, la Réserve fédérale (Fed) prévoit jusqu’ici une expansion modérée de 2,1 % aux États-Unis cette année. La banque centrale doit toutefois réviser ces prévisions lors de sa prochaine réunion monétaire le 15 mars. L’administration Trump table, elle, sur 3 % de croissance en 2018 dans le projet de budget qu’elle va présenter mi-mars. « Nous croyons que nous pouvons être compétitifs et retrouver une croissance durable à 3 %, peut-être même mieux », a récemment affirmé le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, assurant que ces prévisions étaient « tout à fait atteignables ». Les économistes de Moody’s, quant à eux, ont récemment relevé leurs projections à 2,4 % en 2017 et 2,5 % en 2018, tandis que le FMI table sur 2,3 % cette année.

Donald Trump devait prononcer hier soir son premier grand discours devant le Congrès où il pourrait en dire plus sur ses projets de réduction d’impôts aux entreprises, de dépenses d’infrastructures et de taxes frontalières. Il veut réduire les impôts des sociétés de 35 à 20 % et simplifier l’échelle des taux d’imposition sur le revenu pour la passer de sept à trois échelons. Donald Trump veut aussi augmenter de 9 % (54 milliards de dollars) les dépenses militaires. Cela représenterait leur plus forte hausse depuis le budget de 2008 où George W. Bush, en plein renforcement de l’intervention en Irak, avait fait gonfler les dépenses militaires de 10 %. Côté revenus, la Maison-Blanche projette des taxes frontalières pour ralentir les importations et encourager à produire américain. Ces mesures, censées compenser les coupes d’impôts, restent à négocier avec le Congrès. L’administration veut réduire par ailleurs les budgets de tous les ministères, particulièrement l’aide internationale.

Pour fonctionner sans creuser fortement le déficit, les nouveaux arbitrages budgétaires doivent néanmoins compter sur une nette accélération de la croissance.

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