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ÉCONOMIE La croissance a enregistré un déclin continu entre 2012 et 2015, selon l’ACS

ÉCONOMIE La croissance a enregistré un déclin continu entre 2012 et 2015, selon l’ACS

Avec le commerce, l’immobilier est le secteur qui a le plus contribué au PIB en 2015, selon l’ACS. Photo P.H.B
LIBAN – COMPTES NATIONAUXL’Administration centrale de la statistique a publié hier les comptes nationaux de 2014 et 2015, en y incluant pour la première fois de nouveaux indicateurs, comme le revenu national brut

K.O. | OLJ
28/03/2017

Plus de deux ans après la dernière publication des comptes nationaux – ceux de 2013 l’ayant été en décembre 2014 –, l’Administration centrale de la statistique (ACS) a publié hier les comptes nationaux des années 2014 et 2015, qui intègrent notamment les estimations officielles du produit intérieur brut (PIB) libanais pour ces années-là, ainsi que, pour la première fois depuis les comptes de 2010, certains indicateurs comme le revenu national brut (RNB).
Ce retard de publication est dû aux difficultés rencontrées par l’ACS à rassembler les différentes données statistiques. « Les fournisseurs de ces données ne nous les livrent pas selon un calendrier déterminé. Certains, comme la direction de la TVA, nous communiquent rapidement leurs statistiques, d’autres retardent le processus », indique à L’Orient-Le Jour Najwa Yaacoub, statisticienne en chef pour les comptes nationaux à l’ACS.
Selon l’ACS, le PIB nominal de l’année 2015 s’élèverait à environ 49,4 milliards de dollars. En termes réels, cela traduit une croissance de 0,8 % par rapport au PIB estimé pour 2014 (47,8 milliards de dollars, en hausse de 2 % par rapport à 2013). Pour rappel, les dernières estimations de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) font respectivement état de 1,3 % et de 1 % de croissance en 2015 et de 1,8 % et 2 % en 2014. Cette édition des comptes nationaux fournit également des révisions des PIB des années 2013 et 2012. Si pour cette dernière année, l’estimation de la croissance annuelle ne change pas (2,8 %), celle de 2013 est désormais estimée à 2,6 %, contre 3 % lors de la précédente édition des comptes. À l’exception de 2012 (2,8 %, après 0,9 % en 2011), la croissance libanaise a donc connu un déclin continu depuis 2009, lorsqu’elle s’élevait à 10,1 pct

Reprise de l’inflation
De son côté, l’inflation – établie à partir du déflateur du PIB, qui mesure le rapport du PIB nominal au PIB réel – a été respectivement estimée à 2,6 % en 2015 et 1,9 % en 2014. Cette accélération de l’inflation en 2015 contraste franchement avec les évolutions des prix à la consommation publiés antérieurement par l’ACS et qui faisaient notamment état d’une entrée en déflation en 2015. L’indice des prix à la consommation (IPC) annuel avait ainsi reculé de 3,75 % en 2015, après avoir augmenté de 1,9 % en 2014. « L’IPC mesure uniquement l’évolution des prix d’un panier de biens, tandis que le taux d’inflation inclus dans les comptes nationaux concerne l’ensemble du PIB, donc à la fois la consommation et la production », indique Mme Yaacoub
Du côté de la production, les comptes nationaux de 2015 ne laissent pas apparaître d’évolutions majeures en termes de contribution des différents secteurs au PIB libanais. Les secteurs commerciaux et immobiliers restent toujours les principaux contributeurs avec des valeurs ajoutées pesant chacune 14,5 % du PIB (contre respectivement 16 % et 14 % en 2011) ; tandis que l’agriculture (3,5 % du PIB en 2015 contre 4 % en 2011) et la construction (4,5 % en 2015 contre 4 % en 2011) restent les contributeurs les plus faibles. Sur un plan conjoncturel, un peu plus de la moitié des secteurs d’activité ont continué de dégager une croissance de la valeur ajoutée en 2015. La plus forte croissance est enregistrée du côté des activités financières (+10 %), suivies des transports (+9 %) et du secteur de l’information et de la communication (+7 %). Cependant, cinq secteurs ont connu une perte de valeur ajoutée en 2015 : l’agriculture (-19 %), la construction (-10 %), la pêche (-6 %), l’industrie agroalimentaire (-3 %) et la gestion des eaux (-3 %).
Envisagés à partir de la demande, les comptes nationaux confirment la très forte dépendance de l’activité libanaise envers la consommation des ménages, en hausse de 3 % en 2015 pour atteindre 86 % du PIB (contre 89 % en 2014). Si l’on ajoute les dépenses de consommation finale de l’administration (en hausse de 6 % en 2015 ; à 13 % du PIB), la consommation finale des agents économiques absorbe, comme les années précédentes, la quasi-totalité du PIB. Autre composante de la demande, l’investissement a décliné sur les deux dernières années et pèse désormais 21 % du PIB de 2015 : l’investissement privé (20 % du PIB en 2015) a baissé de 5 % en 2014, puis de 6 % en 2015 ; tandis que l’investissement public (1 % du PIB) a baissé de 36 % par an sur la même période. Enfin, la baisse du déficit de la balance commerciale en 2015 s’est traduite par un recul de 6 points de pourcentage de sa part relative au PIB, à 20 %. « Le Liban exporte davantage de services (19 % du PIB) que de biens (8 %), alors qu’il importe plus de biens (35 %) que de services (12 %) », note l’ACS

Indicateurs de revenus
Pour la première fois depuis que l’ACS a repris en 2012 la publication des comptes nationaux – auparavant établis par une commission spéciale rattachée au Sérail –, ces derniers incluent également le revenu national brut (RNB) – soit la somme du PIB et du solde des flux de revenus primaires avec le reste du monde – et le revenu national brut disponible (RNBD) – qui ajoute au PIB les revenus nets reçus de l’extérieur –, pour les années 2013 à 2015.
« Il est important d’inclure les agrégats liés au revenu, car dans une économie ouverte comme celle du Liban, il y a beaucoup d’échanges avec les non-résidents, que ce soit pour les remises des expatriés ou encore les transferts des travailleurs étrangers au Liban vers leurs pays d’origine », explique Mme Yaacoub. « Pour quantifier le RNB et le RNBD, nous nous sommes basés sur la balance des paiements publiée par la Banque centrale, dont la méthodologie est en processus d’amélioration continue. Nous voulions utiliser les données de la balance des paiements dès 2011, mais nous avons pris la décision de les inclure il y a deux semaines, suite à la visite d’une mission du FMI », poursuit-elle
En 2015, le RNB atteignait 49,1 milliards de dollars, le solde des échanges avec le reste du monde étant négatif, d’environ 355 millions de dollars. Le RNB a ainsi enregistré une croissance de 3,3 % entre 2014 et 2015, et de 3,7 % entre 2013 et 2014. Quant au RNBD, il est estimé à 51,3 milliards de dollars en 2015, les flux financiers extérieurs ayant totalisé 2,25 milliards de dollars. Le RNBD s’est apprécié de 4,5 % en 2015 et de 4,7 % en 2014.
Outre la volonté d’inclure progressivement d’autres types de données statistiques afin d’améliorer les estimations du PIB, l’ACS souhaite accélérer le rythme et la fréquence de publication de ces estimations. « Les premières estimations temporaires du PIB de l’année 2016 devraient normalement être publiées fin 2017, et les estimations finales fin 2018 », confie Mme Yaacoub. En parallèle, « l’ACS travaille actuellement avec l’Union européenne dans le cadre d’un programme d’assistance de 1,1 million d’euros qui nous permettra de publier un PIB sur une base trimestrielle », souligne Mme Yaacoub

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