ÉCONOMIE : Élections de l’ABL : les banques choisissent Torbey


Le PDG de Bank of Beirut, Sélim Sfeir (à g.), n’a pas réussi à prendre l’avantage sur son concurrent, le PDG du Crédit libanais, Joseph Torbey. Photo DR
LOBBYINGPrésident sortant de l’Association des banques, le PDG du Crédit libanais Joseph Torbey a été reconduit à son poste à l’issue du premier scrutin organisé en 23 ans

01/07/2017
La liste « Décision bancaire » du PDG du Crédit libanais, Joseph Torbey, a remporté le scrutin organisé hier à Beyrouth par l’Association des banques du Liban (ABL) pour renouveler les douze membres de son conseil d’administration (CA) pour deux ans. Les représentants de 61 banques sur les 63 que compte l’assemblée générale de l’ABL

deux abstentions – ont en effet majoritairement accordé leurs suffrages à 11 des 12 inscrits sur la liste de M. Torbey, qui a personnellement recueilli 41 voix. Son adversaire, le PDG de Bank of Beirut, Sélim Sfeir, obtient 32 voix et conserve son siège au CA. Il est cependant le seul parmi les huit membres de sa « liste du changement » à intégrer la nouvelle équipe qui a déjà pris ses fonctions.Après l’élection, le nouveau CA s’est réuni pour reconduire M. Torbey à sa tête et confirmer la répartition des autres postes. Ainsi, le PDG de BLOM Bank, Saad Azhari, rempile au poste de vice-président ; le PDG de la Banque Libano-Française, Walid Raphaël, à celui de secrétaire ; tandis que le PDG de Lebanese Swiss Bank, Tanal Sabbah, reste trésorier. Le vice-président du CA du groupe Bank Audi, Freddie Baz ; le PDG de Bankmed, Mohammad Hariri ; le PDG de Byblos Bank, Semaan Bassil ; le PDG de Fenicia Bank, Abdel Razzak Achour ; le directeur général de Fransabank, Nadim Kassar ; et le PDG de la SGBL, Antoun Sehnaoui conservent leurs sièges respectifs dans un conseil qui accueille un nouveau venu : le PDG de BBAC, Ghassan Assaf

Les mêmes priorités
« Le processus électoral s’est déroulé de façon civilisée », s’est réjoui M. Torbey après l’annonce des résultats, estimant que ce scrutin avait « validé le travail de l’ABL » jusqu’à présent. M. Sfeir a pour sa part souligné le caractère « historique » de cette élection.
Il s’agit, pour rappel, du premier scrutin organisé au sein de l’ABL depuis 23 ans, pendant lesquels son CA était renouvelé par consensus. Un processus qui a notamment conduit l’association à désigner M. Torbey à la tête de cette instance de 2001 à 2005 puis de 2009 à 2013 – le règlement de l’ABL n’autorisant pas un candidat à occuper plus de deux mandats consécutifs. Dénonçant cette situation, M. Sfeir avait décidé il y a quelques semaines de soumettre sa propre liste de candidats face à celle de M. Torbey. Les deux hommes s’étaient ensuite réunis une dernière fois avant le scrutin le 16 juin pour tenter de s’entendre sur une liste commune, en vain.
Pour se démarquer de son adversaire, M. Sfeir a notamment fait part de sa volonté de réformer le fonctionnement de l’ABL et exigé que le CA soit plus à l’écoute des banques de petite et moyenne taille, ainsi que des établissements étrangers. M. Torbey a, de son côté, souhaité maintenir le cap suivi par l’Association sur les principaux dossiers tout en « tenant compte des besoins de l’ensemble des banques représentées à l’ABL », a-t-il rappelé à L’Orient-Le Jour. « Une partie des banques réclament du changement », indique de son côté une source bancaire anonyme, qui avance que « la différence des suffrages entre les candidats des deux listes n’est pas écrasante
« L’ABL a les mêmes priorités indépendamment de qui la dirige », estime pour sa part le directeur du département de recherche du groupe Byblos Bank, Nassib Ghobril.  : – L’Association doit notamment contribuer à maintenir la stabilité sociale du pays à travers la stabilité monétaire, économique et financière, encourager l’État à réduire son niveau d’endettement ou encore veiller à respecter la réglementation bancaire internationale », explique-t-il. Il ajoute que « l’ABL doit également entretenir de bonnes relations avec ses partenaires internationaux pour défendre les intérêts du secteur sur plusieurs dossiers », comme le renforcement des sanctions visant les soutiens financiers du Hezbollah qui est actuellement envisagé par Washington

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