CULTURE : Comment gifler l’intelligence des Libanais

CENSURE Edgar DAVIDIAN, Catherine DIB, Olivier GASNIER DUPARC, Maya GHANDOUR HERT, Colette KHALAF, Gilles KHOURY et Danny MALLAT
OLJ
03/02/2018

« C’est parce que nous croyons en une culture libanaise libre et que nous défendons la créativité que nous ne lâcherons jamais le combat contre la censure. » Les artistes sortent leurs griffes dès que les censeurs pointent le bout de leurs ciseaux. Certes, le Musée virtuel de la censure au Liban (établi par l’association March) continue de documenter les violations de la liberté d’expression sur son site web, mais « L’OLJ » a tenu, à la lumière du ramdam autour, entre autres, de Ziad Doueiri ou Steven Spielberg, à revenir sur quelques œuvres culturelles libanaises emblématiques censurées pour des raisons politiques, religieuses ou se rapportant aux mœurs. Il est urgent de traiter ce fléau pour que les gens décident seuls quelle œuvre ils ont envie de voir, de lire ou d’entendre. Parce que la censure est et restera une insulte à l’art, une gifle à la culture et un doigt d’honneur à l’intelligence des Libanais.

Pour l’affaire Doueiri, car c’en est une, il s’agit de censure politique. Une censure sans doute basée sur une interprétation très souvent arbitraire de l’article 285 du code pénal, lié aux visites en territoire israélien. Ziad Doueiri a tourné L’Attentat, basé sur le roman de Yasmina Khadra, en Israël, là où l’auteur a situé les faits. Comment peut-on traiter un artiste, dont la famille a donné beaucoup de sang pour la cause palestinienne, de « traître », juste parce qu’il a voulu être cohérent en tournant quelques scènes de son film en territoire ennemi ? Les mots utilisés contre Doueiri ont été démesurés, inappropriés et choquants. Tout le monde est d’accord pour reconnaître qu’Israël est un pays ennemi, mais il faut que l’État cesse d’appliquer cette loi quand bon lui semble, et surtout contre des figures emblématiques. Cette affaire a été une véritable insulte contre Ziad Doueiri, aujourd’hui nommé aux oscars dans la catégorie Meilleur film étranger, avec L’Insulte.

« The Naked Truth » / Ammar Abd Rabbo 


Lire la suite

اضف رد

لن يتم نشر البريد الإلكتروني . الحقول المطلوبة مشار لها بـ *

*