Ces « Images de la transcendance » raconteuses d’histoires…

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Une icône melkite du Rosaire datant de 1740 signée appartenant au couvent Saint-Jean-Baptiste (ordre basilien choueirite) de Khenchara. Photos Michel Sayegh×

CIMAISES

À la villa Audi, une exposition d’icônes melkites dévoile des pièces importantes, dont la plupart n’étaient jamais sorties, jusqu’à présent, des couvents et monastères.Zéna ZALZAL | OLJ14/05/201959

On connaît évidement les icônes orthodoxes et byzantines. Beaucoup moins l’iconographie orientale melkite. L’exposition Icônes melkites; images de la transcendance vient remédier à cette lacune en présentant sur les cimaises de la villa Audi une belle sélection de pièces tirées essentiellement des collections des monastères melkites appartenant aux trois grands ordres religieux basiliens : choueirites, salvatoriens et alépins.

Organisé par le père Nicolas Riachy, jeune prêtre de la paroisse grecque-catholique de Bickfaya, lequel s’est spécialisé en Italie en théologie de l’icône, cet accrochage est évidemment sous-tendu d’un dessein évangélique. Sauf qu’il offre aussi un intérêt artistique non négligeable. Car il met en lumière ce qui fait la spécificité et donne sa couleur particulière à l’iconographie de cette église orientale aux confluents des rites orthodoxe et catholique. À savoir un mélange d’empreintes byzantines, syro-antiochiennes, arabo-islamiques, mais encore latines, c’est-à-dire venant de l’art occidental.è


Père Nicolas Riachi

Icône miraculeuse
Scénographie chronologique pour les 81 pièces qui déroulent des scènes de l’Évangile, dont la plus ancienne (circa 1650) est signée Youssef el-Moussawer. Considéré comme l’un des plus importants peintres d’icônes de l’école d’Alep, ce prêtre a été le fondateur d’une vraie lignée d’iconographes, sur trois générations. Son fils Nehmé, son petit-fils Hanania, surnommé le Michel-Ange d’Alep, et son arrière-petit-fils Girgis Hanania produiront, également à sa suite, quelques-unes des plus belles icônes melkites du XVIIe siècle. Dont on retrouve plusieurs pièces dans cet accrochage.

Outre les attendus Christ Pantocrator, Vierge Hodigitria, saint Georges et saint Élie, largement imprégnés des traditionnelles règles iconographiques grecques, un grand nombre de pièces ont été choisies pour leur originalité dans le traitement de l’image ou leur rareté. À l’instar d’une Panaghia du XVIIIe siècle, une représentation quasi exceptionnelle de la Vierge entourée des disciples, « dont il n’existe que 4 exemplaires au sein de l’Église melkite », indique le père Riachy. Ou encore de cette fameuse icône miraculeuse, pièce phare de cette exposition, dont il aime raconter l’histoire : « En l’an 1737, une hostie qui avait été déposée sur la poitrine d’une petite fille mourante se brise et se met à suinter du sang. Remise au patriarche d’Alep de l’époque Maximus Hakim, ce dernier l’enchâsse au centre d’une icône sur laquelle il relate les faits. Cette hostie est toujours préservée et, depuis, l’icône est considérée comme miraculeuse. »

D’autres œuvres attribuées à Kyrillos al-Dimachqi (le Damascène), Choucrallah bin Zalloum, Hanna el-Qodsi ainsi que d’autres peintres anonymes, le plus souvent des moines, offrent également un aperçu de l’évolution de cet art sacré au fil des époques et des bouleversements de l’environnement dans lequel il naît.

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