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Bientôt la fin des difficultés pour les banques libanaises en Irak


De g. à d. : le président exécutif de la Ligue des banques privées en Irak, Wadi Nouri Ayyed al-Handal, le président de l’Association des banques du Liban (ABL), Joseph Torbey, le gouverneur de la Banque centrale irakienne, Ali al-Allag, le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, et le PDG d’al-Iktissad wal-Aamal, Raouf Abou Zaki. Photo ANI

LIBAN – CONFÉRENCEL’année 2017 pourrait coïncider avec une amélioration de la conjoncture en Irak. L’occasion pour les banques libanaises de relancer leur stratégie de développement dans le pays.

12/01/2017

« Après une année difficile, nous abordons 2017 sous le signe de l’espoir. » C’est en ces termes que s’est exprimé hier le gouverneur de la Banque centrale irakienne (BCI), Ali al-Allag, en ouverture du 3e forum bancaire irakien, organisé pendant deux jours à Beyrouth. Il inaugurait l’événement aux côtés du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, du président de l’Association des banques du Liban (ABL), Joseph Torbey, du président exécutif de la Ligue des banques privées en Irak, Wadi Nouri Ayyed al-Handal et du PDG d’al-Iktissad wal-Aamal, Raouf Abou Zaki.

Coorganisateur – avec le groupe al-Iktissad wal-Aamal – de ce forum, M. al-Allag s’exprimait devant plus de 300 participants venus jauger un marché investi par dix banques libanaises depuis plusieurs années (BBAC, Bank Audi, Banque Libano-Française, Bankmed, BLOM Bank, Byblos Bank, Crédit libanais, Fransabank, IBL Bank et MEAB).
Selon lui, le secteur bancaire irakien pourrait notamment bénéficier, dès cette année, de la hausse attendue des cours du brut en 2017.

Perspectives contrariées
Selon les chiffres communiqués par al-Iktissad wal-Aamal pendant le forum, les actifs des banques libanaises en Irak ont atteint fin octobre 2016 environ 1,27 milliard de dollars, un total en hausse de 0,4 % par rapport à août 2015 (sur une période de 14 mois). Leurs dépôts ont atteint pour leur part 797 millions de dollars à fin octobre (+14,4 % par rapport à leur niveau en août 2015), pour un total des prêts en hausse de 39 % sur la même période à environ 404 millions de dollars.

« La tendance est à peu près similaire en glissement annuel pour chacun de ces indicateurs », explique une source au sein du groupe, qui invoque « l’irrégularité du rythme de publication des chiffres du secteur bancaire irakien » pour justifier ce choix statistique. Les auteurs de ce rapport notent cependant que « la hausse constatée de certains indicateurs est principalement liée à l’arrivée de Bank Audi sur le marché irakien, dès début 2016 », rendant difficile toute analyse à partir de ces données. « L’implantation des banques libanaises en Irak est encore trop récente pour permettre de tirer des conclusions. Nous en saurons plus dans cinq ans », affirme de son côté à L’Orient-Le Jour le vice-président de l’ABL, le PDG de BLOM Bank, Saad Azhari.

Implantées dans plusieurs provinces du pays, les banques libanaises ont été attirées dès 2006 par les possibilités offertes par l’Irak. Le deuxième pays producteur de pétrole brut de l’OPEP possède notamment un secteur bancaire relativement peu développé dominé par une poignée d’établissements publics qui absorbent près de 90 % de ses actifs. Mais ces perspectives ont été contrariées depuis 2014 par la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays combinée à la chute de ses revenus issus du pétrole – qui représentent la majorité des recettes publiques –, obligeant les banques libanaises à adopter une stratégie plus prudente.

 

(Lire aussi : Les banques libanaises en Irak font le dos rond)

 

Amélioration de la coopération
En sus de ces difficultés, les établissements du pays du Cèdre ont également dû gérer les répercussions de la rivalité entre les autorités de Bagdad et celles du Kurdistan irakien. Une situation à l’origine d’une crise entre la BCI et ses branches à Erbil et Suleimaniyé qui dure depuis 4 ans et qui a conduit ces dernières à geler environ 90 millions de dollars appartenant aux banques libanaises. « Ce conflit ne peut pas être résolu par la seule volonté de la BCI, mais nous espérons qu’une solution sera trouvée assez rapidement », confie à L’Orient-Le Jour Chawki Bader, le directeur général adjoint de BBAC. Le sujet, peu évoqué pendant les différents panels, pouvait, selon lui, encore être abordé pendant les réunions à huis clos, entre les dirigeants de la BCI et ceux des banques libanaises, programmées hier en fin de journée.

Autre obstacle, désormais franchi : la décision de la BCI d’imposer aux banques étrangères d’augmenter leur capital – fixé jusqu’ici à 7 millions de dollars par agence – à 50 millions de dollars indépendamment du nombre d’agences qu’elles possèdent dans le pays avant fin 2017. Une mesure finalement assouplie à l’issue de multiples négociations ayant conduit la BCI à autoriser les établissements étrangers à s’acquitter de ce montant en deux temps d’ici à fin 2017.

« La coopération entre les secteurs bancaires libanais et irakien s’améliore d’année en année », a constaté le secrétaire général de l’ABL, Makram Sader, au cours d’un panel qu’il animait et pendant lequel plusieurs dirigeants de banques libanaises ont listé les difficultés auxquelles ils étaient encore confrontés. « Nous avons des difficultés à recruter du personnel sur place », a par exemple souligné le directeur du département international à Fransabank, Nagi Andraos, mettant en avant la pénurie de personnel qualifié dans le secteur. Le directeur du département des affaires à Bankmed, Muhieddine Fathallah, a de son côté appelé la BCI à poursuivre ses efforts de modernisation des infrastructures bancaires, désignant également d’autres obstacles qui échappent à sa compétence. « Il y a toujours un problème de liquidités dans le pays, notamment en raison des retards de l’État à effectuer certains paiements », expose-t-il à L’Orient-Le Jour.

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