SCAN TV L’État islamique, des montagnes syro-libanaises au petit écran

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01/09/2017

Après plus d’une semaine de combats intensifs opposant les soldats libanais aux jihadistes de l’organisation État islamique (EI) dans les jurds du Liban, les Libanais sont hors d’eux, surtout que les takfiristes ont réussi à quitter en toute impunité et dans de très bonnes conditions le territoire libanais pour se retrancher en Syrie. Et l’infime espoir de faire toute la lumière sur le sort des militaires disparus depuis trois ans a été très vite dynamité, dans un dénouement noyé de sang et de larmes. Malgré le départ tant espéré des mercenaires de l’organisation terroriste et la victoire de l’armée libanaise, stupeur et désarroi ont vite monopolisé les esprits des Libanais, qui n’ont pas tardé à exprimer leur colère face à l’injustice.

Des Libanais qui baignent au quotidien depuis plusieurs années déjà dans cette ambiance délétère et gangrenée imposée par l’EI et tant d’autres groupuscules islamistes, mais qui n’ont jamais pensé convertir cette réalité en film, série télé ou autre matière visuelle. Ce qui n’est pas le cas en Occident, où l’engouement pour le Proche-Orient et ses dérives est certain, avec une fascination-répulsion pour tout ce qui se rapporte de près comme de loin à ce funeste État islamique…

En effet, une nouvelle minisérie, The State, lancée le 20 août outre-Manche, qui a suscité un vif débat dans la presse en Grande-Bretagne, arrive sur Canal+ les 4 et 11 septembre à 22h00, à raison de deux épisodes de 52 minutes chacun. La série, créée par Peter Kosminsky (Wolf Hall), qui a débuté sur la chaîne britannique Channel 4, suit l’adaptation et la formation en Syrie de quatre Britanniques, une jeune femme et son garçon de 10 ans, une jeune fille et deux jeunes gens, dans un camp de l’organisation islamiste. La série a été accusée par les critiques occidentales de faire la propagande de l’EI et met mal à l’aise selon ses détracteurs, étant donné la menace omniprésente d’une nouvelle action terroriste contre les sociétés occidentales, menacées à tous les niveaux : leur sécurité, les valeurs qui sont les leurs et tout ce qu’elles chérissent en particulier.

Deux jeunes hommes, Jalal et Ziad, et deux femmes, Shakira et Ushna, tous d’origine britannique, ont été nouvellement recrutés par l’EI. Ils sont impatients d’entamer leur nouvelle vie en Syrie. Jalal et Ziad sont directement formés au combat, tandis qu’on enseigne à Shakira et Ushna les lois strictes de la charia, que les femmes des islamistes doivent respecter. Convaincus d’avoir pris la bonne décision en rejoignant la Syrie, ils acceptent sans réticence de prêter allégeance à l’EI. Cependant, ils sont aussitôt confrontés à une réalité aux antipodes de leurs rêves et de leurs illusions, et ils vont très vite déchanter…

C’est dans le sud de l’Espagne que certaines scènes de la série – notamment celles qui se passent en Syrie – ont été tournées. Ce que cette minisérie peut apporter de positif, c’est qu’elle permet en quelque sorte aux Occidentaux de comprendre un peu plus cet adversaire mystérieux. Elle échoue cependant à concrètement expliquer les raisons pour lesquelles ces personnages ont basculé dans le fanatisme religieux, ce qui est dommage. Cette nouvelle tendance, ou plutôt cette nouvelle forme de totalitarisme, renforce l’idée selon laquelle le monde est partagé de plus en plus entre « eux », les terroristes, et le reste des populations…

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