Quand une coalition naît sous le signe du littoral libanais

 

La coalition lancée le week-end dernier à Ramlet el-Baïda par la société civile. Photo fournie par la coalition

ASSOCIATIONSQuelque 24 groupes s’associent et s’organisent pour sauver ce qui reste de la côte libanaise

30/05/2017

 

Ils étaient nombreux à œuvrer pour sauver (ce qui reste) du littoral libanais. Depuis ce week-end, quelque 24 ONG, groupes, coopératives, campagnes… font face ensemble à ce qui est indéniablement devenu une volonté de mainmise sur l’ensemble de la côte. Et, pour la première fois, les écologistes s’unissent aux pêcheurs, dont plusieurs coopératives sont représentées. La coalition a été officiellement annoncée ce week-end au cours d’un rassemblement à Ramlet el-Baïda, l’emblématique plage de sable de Beyrouth, en présence d’un représentant du ministère de l’Environnement
Dans le collimateur de cette nouvelle coalition, on retrouve toutes les problématiques pour lesquelles ces ONG ont milité si longtemps, notamment le droit d’accès libre au littoral, la revalorisation écologique de ce milieu naturel fragile, le développement des activités socio-économiques en relation avec la mer (notamment la pêche, durement éprouvée par la dégradation du milieu marin) et les empiétements contre le domaine public maritime sur tout le littoral
Ces problématiques sont les mêmes depuis des années. Que changerait donc le regroupement de ces formations dans une même coalition? Ali Darwiche, président de Green Line (une association incluse dans la coalition), indique à L’OLJ que « la particularité de ce rassemblement, c’est qu’il regroupe des personnes et des groupes de toutes les régions sur le littoral, du Nord au Sud ». –  Cela facilitera, à l’avenir, le contrôle, le suivi, l’acquisition de documents ainsi que la mobilisation si nécessaire, explique-t-il. Le contact direct avec les différentes régions nous sera d’une grande aide
Qu’apportera aux écologistes cette association avec les pêcheurs ? « Ce sont les catégories les plus lésées par la dégradation du milieu marin, souligne Ali Darwiche. Il s’agit de milliers de personnes dont la vie dépend de la mer. Avec eux, nous aurons davantage d’informations qui circulent. De plus, leur présence dans la coalition encouragera leur sensibilisation : il est important pour nous qu’ils s’éloignent quelque peu de l’influence des partis et reconnaissent l’intérêt général de la protection de la mer
Comment se déroulera le travail au sein d’un si grand groupe ? « La coordination est déjà assurée par certaines personnes au sein du groupe, des militants qui croient dur comme fer qu’il faut bâtir sur ce rassemblement pour une action efficace », dit-il, estimant que des plateformes digitales pourraient voir le jour. Ali Darwiche, un militant de longue date, ne peut ignorer que d’autres rassemblements à caractère environnemental s’étaient heurtés, par le passé, à des difficultés de coordination qui avaient mis un terme à ces initiatives ou les avaient vidées de leur sens. Croit-il qu’il sera possible d’éviter ces écueils ? –  J’aimerais penser que nous avons appris de nos erreurs passées, répond-il. Dans tous les cas, il faut reconnaître que la situation a évolué, que nous avons atteint un point de non-retour, notamment au niveau des empiétements sur le littoral. Et, surtout, la relation entre la population et ses dirigeants s’est nettement détériorée, ce qui renforce le mouvement de protestation
Par quels moyens la coalition compte-t-elle appuyer les initiatives déjà en cours, comme le recours présenté auprès du Conseil d’État par Green Line et l’Agenda légal concernant un chantier à Ramlet el-Baïda ? « Il est clair qu’il y aura une possibilité de mobilisation accrue et plus prompte qu’avant, assure Ali Darwiche. Dans tous les cas, c’est un groupe qui a été conçu non pour dénoncer seulement les atteintes à l’environnement, mais pour lutter en politique contre une gestion désastreuse du littoral qui a prévalu durant des dizaines d’années

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