Quand le Pergamon Museum rappelle au monde le patrimoine écrit des chrétiens d’Orient

Évangile arménien de la ville d’Amina, actuelle Diyarbakir

EXPOSITIONDans ce prestigieux musée qui regroupe les collections du Proche-Orient, d’antiquité et d’art islamique, gros plan sur de vieux manuscrits, Évangiles illustrés, bibles et bréviaires.

07/08/2017

Témoignages de foi, traditions bibliques dans le monde islamique : c’est le thème d’une exposition qui traite des chrétiens d’Orient et qui vient de s’ouvrir au Pergamon Museum (Musée de Pergame) à Berlin, qui expose des œuvres monumentales du Proche-Orient.

L’événement qui se prolonge jusqu’au 15 octobre est organisé autour de la Salle d’Alep. Cette œuvre exposée en permanence au musée de Pergame est un diwan datant du début du XVIIe siècle ayant appartenu à un riche marchand chrétien de la ville syrienne Boutros ibn Yassouh (Pierre fils de Jésus). Elle constitue le plus vieil exemple de peintures dans un lieu d’habitation à l’époque ottomane en Syrie. Les murs en bois sont ornés de feuilles, bourgeons, candélabres, motifs géométriques et médaillons contenant des personnages et des thèmes tirés de l’Ancien et du Nouveau Testament, notamment des représentations de la Vierge à l’Enfant, de l’Annonciation et des citations des psaumes.

L’exposition rassemble plus d’une quarantaine de vieux manuscrits, Évangiles illustrés, bibles ou bréviaires, appartenant à la collection de la bibliothèque et des musées nationaux de Berlin. Les ouvrages sont notamment en langue araméenne, arménienne, copte, arabe et perse.

Chaque communauté chrétienne (maronite, syriaque, melkite, assyrienne, copte, arménienne, nubienne et éthiopienne) est représentée par un ouvrage, une peinture et surtout une histoire et des explications destinées à des personnes qui connaissent peu ou pas les chrétiens d’Orient. Ainsi, on présente aux novices les deux natures du Christ ayant créé un schisme au sein de l’Église ; on cite les communautés rattachées au Vatican et leurs particularités par rapport aux autres catholiques, et on énumère quelques prérogatives d’un patriarche.

De nombreux livres et images sont en provenance d’Édesse (actuelle Ourfa), d’Amida (actuelle Diyarbakir), de Tour Abdine, trois villes au sud-est de la Turquie actuelle, et bien sûr de Constantinople. Les vieux Évangiles en arménien et syriaque sont illustrés de magnifiques images, comme l’adoration des mages, la descente de croix ou la Pentecôte. Une importante partie de l’exposition est consacrée à l’Égypte et l’Église copte. Parmi les manuscrits présentés, une épître de saint Paul en langue copte avec une traduction sur la même page en arabe, datant du début du XVIIIe siècle, ainsi qu’un nouveau testament en papyrus datant du IVe siècle. Des ouvrages en langue arabe, notamment des Évangiles maronites, sont également exposés. En outre, on découvre aussi une Genèse en langue perse, illustrée d’une expulsion du Paradis, en provenance de la ville de Chiraz, en Iran.

La préface du livre de l’exposition souligne que « l’on oublie souvent que le monde appelé actuellement le monde islamique, au sud-est de la Méditerranée, constituait en fait le berceau du christianisme ». Le dernier panneau de l’exposition précise : « Ces chrétiens sont de moins en moins nombreux dans leur pays d’origine. Vulnérables, ils se voient obligés de partir à cause des conflits armés. »

En septembre, une exposition sur les chrétiens d’Orient s’ouvrira à l’Institut du monde arabe à Paris. Avec les guerres de Syrie et de d’Irak, la montée du fondamentalisme et l’accueil qu’elle réserve depuis quelques années aux réfugiés, l’Europe s’intéresse visiblement de plus en plus aux chrétiens d’Orient, à leur longue histoire et à leur important patrimoine.

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