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Qleilé, tout récent, tout doux, tout chaud

 

LE VILLAGE PRÉFÉRÉ DES LIBANAIS 2017Pour la deuxième année consécutive, les lecteurs de « L’Orient-Le Jour » au Liban et dans le monde voteront pour « Le village préféré des Libanais ». Cette année, dix nouveaux villages sont en lice. Un reportage écrit et une vidéo, chaque jour pendant dix jours, pour vous aider à choisir… Après Anjar, Aqoura, Beit Chabeb, Bhamdoun, Hasroun et Maasser el-Chouf, voici Qleilé.

Nada MERHI | OLJ
24/07/2017
C’est un phénix qui renaît de ses cendres avec pour vocation le tourisme. Qleilé, petit village du caza de Tyr au Liban-Sud, presque entièrement rasé au cours de l’offensive israélienne contre le Liban en 2006, s’apprête à faire son entrée sur la carte touristique du pays par la grande porte. Le nouveau conseil municipal de la localité y veille soigneusement.

Une fois le littoral de Tyr emprunté, on ne peut que tomber sous le charme de l’infinie mer bleu azur. Un sentiment de sérénité étreint le promeneur et l’on a hâte de regagner la plage pour se baigner dans cette eau limpide. Ici, la vie coule paisiblement. On oublie le temps d’une journée ou d’un week-end le vacarme et le stress de la ville. Place au délassement et à la détente. Place au bonheur.

À près de dix kilomètres de Tyr, les premières maisons du village de Qleilé apparaissent. De vastes champs de bananiers les séparent de la mer. Le soleil tape fort en cette journée de juin, mais la bonne humeur est au rendez-vous. Quelques minutes passent avant qu’un second écriteau du village n’apparaisse au coin d’une rue, dirigeant le visiteur vers le mausolée du prophète Omran, nom musulman du père de la Sainte Vierge.

Situé dans les hauteurs du village, celui-ci constitue le principal site historique de Qleilé. Il est fréquenté par les chrétiens et les musulmans de la région qui viennent s’y recueillir. Dans l’enceinte du site, le tronc taillé d’un arbre porte les offrandes des fidèles. Un peu plus loin, des hommes discutent entre eux à l’ombre d’un pin. Ils attendent que les femmes terminent de prier. « Ici repose le prophète Omran (Joachin) », affirme Kamal Abou Khalil, habitant du village. « Ce qui le prouve d’ailleurs, c’est la proximité de Qleilé avec Cana », le village où Jésus a accompli son premier miracle en changeant l’eau en vin lors d’un mariage. Il ajoute : « Des vestiges de deux églises qui remonteraient aux périodes des croisades et byzantine ont été découverts dans un terrain à proximité du mausolée, en 1996, lors du bombardement israélien de la région. »

La Direction générale des antiquités a mis la main sur le terrain en question, mais les fouilles effectuées sur les lieux « sont timides », déplore Abdel Karim Hassan, président du conseil municipal du village, soulignant qu’au nombre des projets envisagés par la municipalité, il y a la restauration du site du mausolée. Mais aussi la transformation des dizaines de milliers de terrains domaniaux, qui sont la propriété de la République libanaise, en réserves naturelles. « Nous avons présenté une demande dans ce sens au ministère des Finances, note M. Hassan. Il faut mettre un terme à la mainmise sur les terrains domaniaux. »

 

« Ici, tout est bon »
Qleilé est un village « relativement récent ». « Il a été fondé en 1720 par Issa Abou Khalil, originaire de Mayrouba (dans le Kesrouan), qui était venu s’y installer », explique M. Hassan, se référant à cet effet à des ouvrages de Wajih Abou Khalil, écrivain et chroniqueur.
« Avant de porter son nom actuel, la région était désignée par le mot syriaque Omram, poursuit-il. Le nom de cette région figurait aussi dans l’accord conclu en 684 de l’Hégire, entre la reine de Tyr et le gouverneur d’Égypte. On la désignait alors par Deir Omram. Pour ce qui est de son nom actuel, il signifierait rare, probablement parce que le nombre de ses habitants était réduit. »
La localité est mue par l’essor touristique, le village comptant quelque cinq restaurants, quatre sur le littoral et un dans les hauteurs du village, face à la magnifique vallée de Ezziyé. La cuisine est typique de la région, avec bien sûr des variétés de plats à base de poisson, pêché dans la mer locale. « Ici, tout est bon », insiste le propriétaire de l’un des restaurants.
Le village est aussi doté d’un centre balnéaire à l’architecture paradisiaque et de trois autres minicentres balnéaires, tout aussi enchanteurs. « Nous étions les premiers à avoir construit un projet touristique en 1983 », s’enorgueillit Jaafar Salman, propriétaire d’al-Amera. « Nous sommes toujours présents sur la scène, malgré toutes les guerres qu’a connues la région », ajoute-t-il.

 

Anone, avocat, papaye…
« Au niveau du caza de Tyr, Qleilé se distingue par un important taux d’éducation : un grand nombre de ses habitants sont détenteurs d’un master ou d’un doctorat, précise M. Hassan. Nombre d’entre eux occupent aussi d’importants postes, au Liban ou à l’étranger. Le village compte d’ailleurs une école secondaire et une autre complémentaire. Cette dernière accueille plus de mille élèves qui viennent de quinze villages de la région. La localité est un centre de référence en matière d’éducation. »
L’économie du village est essentiellement basée sur la culture des agrumes et des bananes. « Nous nous orientons actuellement vers des cultures alternatives, notamment l’avocat, l’anone et la papaye, car nous n’arrivons pas à écouler les agrumes, le marché étant saturé », souligne M. Hassan.

Qleilé est aussi synonyme d’hospitalité. Hajjé Oum Jamal Karaouni est l’une des figures de ce village. À 85 ans, cette femme à l’accueil chaleureux et à la générosité indescriptible détient les secrets de tous les plats traditionnels de la région, comme la fameuse kammouné, qu’elle a transmise d’ailleurs à ses enfants. « C’est moi qui prépare tout. Je ne laisse personne faire quoi que ce soit à ma place », assure-t-elle.
Une fois à Qleilé, un détour vers l’Orange House est vivement conseillé. Ce sanctuaire des tortues de mer, situé dans la localité voisine à Mansouri, a été fondé en 2000 par Mona Khalil, au lendemain de la libération du Liban-Sud, avec pour objectif de protéger les tortues de mer. Pour pouvoir financer son projet, Mona Khalil loue des chambres sur place. Au petit matin, les visiteurs des lieux peuvent accompagner l’équipe de l’Orange House à la plage pour s’occuper des tortues qui y ont pondu leurs œufs.
Qleilé n’est pas encore un nom familier de la carte touristique du pays, mais il ne tardera pas à le devenir auprès des amoureux de la nature et du bon temps.

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