L’Oscar du gâchis

 


L’éditorial de Issa GORAIEB

L’ÉDITORIAL
31/01/2018

Disparu il y a quelques jours, Joseph el-Hachem, dit Zaghloul al-Damour (le Pigeonneau de Damour), est un des plus illustres représentants de cette savoureuse forme de poésie populaire qu’est le zajal.

Battant naguère tous les records d’audience à la télévision, aujourd’hui en voie de désuétude, cet art figure néanmoins sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité établie par l’Unesco. L’organisation internationale y voit en effet une sorte de soupape de sécurité propre à relativiser les conflits, à désamorcer les crises, à renforcer ainsi la cohésion internationale. Attablés le plus souvent autour d’un mezzé arrosé d’arak, s’exprimant en langage dialectal chanté et rimé, nos troubadours abordent, en improvisant, les thèmes les plus divers, y compris bien entendu la situation politique. Mais le clou du spectacle est le moment où ils se défient l’un l’autre et se brocardent copieusement : la férocité des piques se trouvant compensée par cette indulgence bon enfant que seul peut procurer l’humour.

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