Listen : un Empire des Sens moderne et libanais

Chaden Maalouf Najjar

Hounaloubnan.com

Un pur condensé d’amour en plein empire des sens. Jamais depuis « Children of a Lesser God » on n’aurait tant préféré le son au silence.

Aimer, non seulement avec des mots, mais aussi avec des sons. Ecouter pour aimer !

A travers son personnage principal passionné par le son, Aractingi nous apprend à écouter tout ce qui semble insignifiant, il donne une importance primordiale à de petits moments délicieux, le chant d’un oiseau, le clapotis des vagues, le souffle du vent, le froufrou des feuilles dans les arbres, et la nature s’humanise. Tout ceci face aux bruits de la ville qui vibre et qui vit. Et l’on réalise que l’image n’est pas nécessairement le pilier d’un beau film, le son n’est pas seulement technique, il est aussi artistique. Il en résulte une réalité étrange : à travers le sifflement des balles, le vrombissement des mobylettes, les klaxons des voitures et tout ce qui nous semble insupportable, le Liban est un beau pays !

Un film jeune, porté par de jeunes acteurs talentueux, un réalisateur ouvrant grand les portes à une jeunesse négligée qui se débat dans un pays à la mémoire effacée. Le réalisateur nous emporte loin dans le rêve à travers les rires et les larmes.
On est loin de la guerre même si par moments, telle un fantôme, elle nous rattrape. Des thèmes récurrents qui secouent le spectateur : la passion, l’amour interdit, la femme libre, belle et naturelle, la survie quand tout s’y oppose, le sexe, la fidélité, l’abandon. Cependant un thème nouveau : être à l’écoute du moment présent. Prendre conscience de ce que l’on entend. Peut-être aussi est-ce une manière de pousser les gens à écouter l’autre dans un Liban ou le manque de communication est une évidence…

Même si le film retrace le parcours amoureux d’un jeune homme passionné par le son, il en ressort le respect inconditionnel du réalisateur vis à vis de la femme, elle a un pouvoir magique. Belle, amoureuse, libre, intelligente, attachante, drôle et volontaire.

Et enfin, si Lama Lawand apporte une crédibilité certaine à la maman snob et artificielle (on y croit dur comme fer), Hady Abou Ayash est d’un charme irrésistible, tendre et attachant. Mais la belle surprise de ce long métrage est incontestablement Yara Bou Nassar qui crève l’écran et force le respect.

Listen, un film de Philippe Aractingi, à voir et à revoir…

Chaden Maalouf Najjar

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