LIBAN Vera el-Khoury Lacoeuilhe, une diplomate chevronnée qui ambitionne de changer l’Unesco

 

09/10/2017

C’est aujourd’hui que sera donné le coup d’envoi du scrutin pour l’élection du nouveau directeur général de l’Unesco qui succédera à la Bulgare Irina Bocova dont le mandat vient à expiration à la fin de l’année. Le scrutin devrait s’étaler sur plusieurs jours.

Si la candidate du Liban, Vera el-Khoury Lacoeuilhe, a mené pendant près de deux ans une campagne soutenue à l’échelle internationale, elle reste peu connue du public libanais.

Née au Liban en 1959, cette ancienne élève du Collège protestant français de jeunes filles décroche un BA en sciences politiques à l’Université américaine de Beyrouth (AUB), puis poursuit une maîtrise axée sur le Proche et le Moyen-Orient à la New York University. Le stage d’un an passé à l’ONU aux côtés de Ghassan Tuéni, à la représentation permanente du Liban, lui a beaucoup appris et lui a donné le goût de la diplomatie et des relations internationales multilatérales.

Considérée comme « une référence » au sein de l’Unesco, la candidate est une diplomate chevronnée, mariée à un Français de mère libanaise de la famille Sioufi d’Achrafieh. Forte d’une expertise approfondie du droit international, elle a mené dès 1996, en tant que déléguée permanente adjointe de Sainte-Lucie auprès de l’Unesco (État insulaire des Antilles) « un travail continu centré sur le renforcement de la gouvernance et l’efficacité ». Toujours à la recherche du consensus, cette négociatrice politique hors pair a assumé de multiples rôles politiques et plénipotentiaires à l’occasion de nombreuses missions internationales, que ce soit en qualité de chef de délégation lors des réunions ministérielles ou en présidant plusieurs comités intergouvernementaux.

En outre, Mme Lacoeuilhe a une vaste expérience de la diplomatie multilatérale et des relations internationales et possède une connaissance approfondie de l’architecture et de la structure des organisations internationales. Ce qui lui a valu une reconnaissance internationale au sein du système des Nations unies. En janvier 2016, elle est nommée membre de « l’Équipe indépendante des conseillers » établie par le Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc), qui est chargée de formuler des recommandations sur le positionnement à long terme du système de développement des Nations unies dans le contexte de l’agenda 2030 pour le développement durable.

Malgré son emploi de temps chargé, Mme Lacoeuilhe est conférencière en droit international à l’Université Paris I Panthéon-La Sorbonne et donne un cours dans le cadre d’un séminaire en master 2, intitulé « Institutions et organisations internationales ». Elle est aussi représentante suppléante du gouvernement de Sainte-Lucie à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) à Paris, et conseillère après du ministère libanais de la Culture.

Comment imagine-t-elle l’Unesco sous son mandat, le cas échéant? « Je vois une organisation plus flexible, plus agile et plus résiliente qui s’adapte rapidement aux grands changements et à la technologie moderne, souligne-t-elle. L’Organisation est encore un dinosaure. Tout se passe de manière manuelle, à l’ancienne. Pour sortir une lettre de l’organisation, il faut assurer dix signatures et la procédure est longue. Pour mettre en œuvre un projet avec des fonds extrabudgétaires dans un bureau régional en Afrique, il faut attendre six mois à un an et demi. Comment voulez-vous qu’une organisation qui travaille avec des méthodes aussi archaïques puisse survivre ? » s’exclame-t-elle.

« Pour nos enfants »

Sur quoi la candidate compte-t-elle mettre l’accent ? « En posant ma candidature, j’ai axé ma vision sur le thème “Pour nos enfants” en insistant particulièrement sur l’éducation, indique-t-elle. Comment allons-nous préparer nos enfants à des emplois qui n’existent pas encore ? Quelles sont les compétences fondamentales, les compétences nouvelles de transition et de vie qui seront si nécessaires en 2030 ? À vrai dire, personne n’a la réponse. Les progrès technologiques entraînent une évolution et une transformation constantes du milieu du travail et des professions. Des métiers nouveaux se créent, qui exigent des compétences nouvelles. »

Se sent-elle à la hauteur de la tâche? « Absolument », assure-t-elle. Car elle est « la seule candidate qui parle du futur et de l’impact de tout ce qui se passe sur nos enfants, nos sociétés et nos vies. Nous sommes divisés sur de nombreux sujets, je propose de nous unir. Car l’avenir de nos enfants est notre dénominateur commun. Et l’Unesco a un grand travail à faire qui couvre l’avenir de nos enfants et la durabilité de notre planète. Ma vision est justement axée sur cela. »

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