LIBAN : « Une brève Histoire de Dieu », d’Ibrahim Tabet… plus mystérieuse qu’on ne le pense

LECTURE
Fady NOUN | OLJ
18/05/2017

 

Une brève Histoire de Dieu, le titre de l’ouvrage que publie Ibrahim Tabet* et qu’il vient de signer à la Librairie Antoine, est en lui-même une provocation. Il dit que Dieu n’a d’autre réalité que la représentation que s’en fait l’homme. Et le livre se présente comme un récit détaillé de l’évolution de cette représentation à travers les époques, jusqu’à l’athéisme d’un monde se jugeant assez « mûr » pour se passer de Dieu et en parler comme d’une « invention ».
Ibrahim Tabet est diplômé d’HEC et licencié en histoire. Il se veut agnostique. Si tel est le cas, son titre est trompeur dans la mesure où un agnostique ne nie pas l’existence de Dieu, mais suspend son jugement. Or le titre est sans équivoque. Fort de cet écart entre ce qui est pensé et ce qui est écrit, disons que s’il est légitime de faire l’historique de la conscience que les différentes sociétés se sont faites de Dieu, il est réducteur d’en conclure que Dieu –  a été inventé

Certes, on peut être intrigué par l’apparition concomitante, entre le VIIe et le Ve siècle avant l’ère chrétienne en Grèce, au Proche-Orient et en Asie, de philosophies et de religions intégrant la notion de salut individuel : la philosophie grecque, le zoroastrisme, le bouddhisme, les sagesses chinoises et le judaïsme », en s’interrogeant sur ce qu’en histoire – comme science humaine – on appelle le « temps long ». Est-il légitime pour autant de conclure à la construction de la foi ? Ce serait d’abord réduire à rien les témoignages précieux de ce que les fondateurs de religions et de sagesses ont dit d’eux-mêmes et de la source de leur savoir. Ce serait aussi bannir comme superfétatoire toute interrogation sur le mystère de l’être, toute interrogation de l’homme sur sa nature. Ce ne serait plus de l’histoire, mais de l’historicisme, « le fait aveugle sans son sens », comme dit le cardinal Joseph Ratzinger dans l’un de ses articles (in Marie première Église). Pourquoi ne pas penser plutôt – ou en même temps – que l’histoire de la conscience de Dieu est celle de la révélation de Dieu par lui-même, plutôt que celle de la construction de Dieu par les hommes

Si Dieu est, et s’il est par essence vérité immuable, ne peut-on s’attendre à ce qu’il ait traité l’humanité – aujourd’hui parvenue à la pleine conscience de son unité et de son autonomie – avec le même amour qu’il l’a fait pour chaque être en particulier ?
Ne peut-on présumer qu’il existe une pédagogie de la révélation qui a conduit Dieu à se révéler, et à révéler du même coup l’homme à lui-même à la lumière de Dieu, en fonction des territoires de la connaissance qu’il a progressivement conquis ? Ne peut-on s’attendre à cela de la part d’un Dieu qui s’est incarné
Ces quelques réflexions ne doivent pas décourager la lecture d’un livre érudit, encore que sur le temps court, en particulier sur le christianisme, il soit par moments incertain – des citations imprécises du pape Jean-Paul II – et dont les références ne tiennent pas compte de l’immense effort d’aggiornamento déployé par l’Église et des théologiens catholiques, notamment ceux du « ressourcement » (Henri de Lubac, Hans Urs von Balthasar, Karl Rahner, Joseph Ratzinger, Jean Daniélou), dans un effort sincère pour dégager le christianisme de sa gangue scolastique et moralisatrice et l’offrir aux hommes non plus comme « religion naturelle » parmi d’autres, mais comme « religion du dépassement de la religion » (Marcel Gauchet), c’est-à-dire Vie et non plus phénomène historique, construction culturelle

Limite physique 
Du reste, vers la fin de son livre (page 340), Ibrahim Tabet nous livre lui-même une phrase qui relativise son propos : « Plus la science progresse, plus se confirme qu’il y a une limite physique au-delà de laquelle notre seule raison est impuissante à expliquer la réalité. » Nous pensons que le linceul de Turin fait partie de ces énigmes qui ne seront résolues que si l’on accepte que l’Esprit existe et qu’il informe la matière selon des lois autres que les –  lois naturelles
Une nouvelle énigme s’est d’ailleurs ajoutée récemment à celle du linceul. Elle touche à la pierre originelle de la tombe où fut déposé le corps de Jésus descendu de la croix. Au cours de l’été 2016, la professeure Antonia Maropoulou (Université d’Athènes) et plusieurs spécialistes grecs ont restauré le tombeau de Jésus, situé à l’intérieur de l’église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem. Mais l’équipe a été confrontée à une péripétie étrange. «Il y a parfois des phénomènes qu’on ne peut expliquer», raconte la femme, ingénieure chimiste, dans un reportage diffusé sur France 2. L’exploration de la cavité de la pierre sainte ne s’est pas déroulée tout à fait comme prévu. « Quand nous avons essayé d’explorer la cavité de la pierre sainte, les appareils qui analysent la résonance électromagnétique sont tombés en panne, témoigne Antonia Maropoulou. Aucune explication rationnelle n’a pu permettre d’expliquer la panne de ces instruments pourtant très sophistiqués. « La tombe du Christ est une tombe vivante… », explique la scientifique. Une affirmation comme celle-ci ne s’invente pas

*Une brève Histoire de Dieu, Ibrahim Tabet, L’Harmattan, 341 pages

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