LIBAN : Un pont entre deux rives


Crédit photo : collection Georges Boustany/LLL.

LA CARTE DU TENDRE
Georges BOUSTANY | OLJ06/01/2018

À Dzovig et aux autres, qui nous ont tant apporté dans leurs maigres bagages.

Les anciens de Beyrouth avaient pour habitude d’appeler « bourj » (tour) toute bâtisse dépassant deux étages, et parfois de donner le nom de son propriétaire à tout un quartier. Nous voici donc devant Bourj Hammoud, dans la banlieue nord-est de Beyrouth, où l’on dit qu’un Hammoud Arslan possédait une résidence*, il y a bien longtemps de cela.

Le cadre est à la fois familier et déroutant : trois hommes traversent un pont dont on reconnaît aisément l’emplacement mais pas les détails architecturaux. Pourtant, deux indices nous placent d’emblée en face du quartier arménien, au-dessus du fleuve de Beyrouth : les caractères peints sur la façade blanche au second plan et le fond montagneux où se détache, tout à gauche, la colline de Mar Chaya avec sa courbe typique. On pourra également remarquer les petits immeubles à deux ou trois étages qui existent toujours, une charmante particularité que l’on peut observer aujourd’hui encore dans tout le quartier.

Les tenues vestimentaires des trois personnages qui viennent à la rencontre du photographe qui les prend par « surprise » nous donnent une indication supplémentaire : nous sommes à la fin des années 1940, à une époque où l’on ne peut concevoir de sortir autrement qu’en costume deux, voire trois pièces avec cravate ou à la rigueur foulard. On a renoncé au tarbouche du grand-père et le chapeau à l’européenne est pour papa : certains ont une tenue presque décontractée, tel le premier à gauche dont le col de chemise surmonte le revers de la veste dans une audacieuse préfiguration des années soixante-dix…….

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