LIBAN : Sylvie Salim Eddé, disparition d’une grande pédagogue

 

Sylvie Eddé. Photo Michel Sayegh

HOMMAGE
F. N. | OLJ09/01/2018

Descendante des deux lignées familiales maronites à l’origine de la fondation de la cathédrale Saint-Georges de Beyrouth, Sylvie Salim Eddé (83 ans), fille d’Isabelle Malhamé, cofondatrice de l’Athénée de Beyrouth, s’est éteinte hier.

Née en 1935, sœur de l’ancien ministre Michel Eddé et de Georgine, épouse de l’ancien ministre Henri Torbey, Sylvie Eddé avait épousé Antoine Shlink en 1960, puis fondé avec ce dernier l’Athénée de Beyrouth (1968), l’un des établissements scolaires les plus innovants du Liban, dont elle assumait la direction depuis le décès prématuré de son mari en 1993.

Veuve sans enfants, Sylvie Eddé-Shlink s’était vouée corps et âme à sa mission pédagogique, offrant à ses pairs un modèle de l’attention due aux élèves, chacun de ses apprenants bénéficiant d’un suivi et d’un dossier personnels. C’est avec la même ferveur qu’elle accorda son attention à Carabi, la garderie qu’elle avait fondée à Rabieh, et qu’elle appelait affectueusement l’Athénée des Petits. Une attention de tous les jours et un soin d’excellence qui lui ont valu en 2011 les Palmes académiques libanaises.
Avec l’âge, Sylvie Eddé-Shlink eut quand même la grande sagesse de passer à ses neveux, les fils de Michel Eddé, le flambeau de la direction de l’école (2011), tout en continuant d’assurer la direction de la garderie.

De cet exceptionnel parcours, Antoine Hayeck, directeur de l’Athénée, souligne : « En 42 ans de carrière, je n’ai cessé d’admirer sa persévérance, sa rigueur et son souci de l’excellence, qu’elle poursuivait avec une abnégation totale, au service des générations de jeunes dont elle eut la charge. »
« Voilà une âme admirable qui n’a pas manqué un seul jour d’école, passant assidûment de l’une à l’autre des institutions qu’elle dirigeait, en dépit des années et des aléas de santé qu’elle a pu connaître, et qu’elle traitait par l’humour et l’autodérision, relève Antoine Hayeck. Ce qui comptait le plus à ses yeux, c’était le sourire et l’épanouissement des enfants. »

Docteur en littérature française, diplômée de l’École supérieure des lettres de Beyrouth, avec une thèse sur Émile Zola, et à l’occasion professeur de français, Sylvie Eddé-Shlink signa deux ouvrages savoureux, Au fil de l’absurde et Des félins et de mon bonheur, où elle laissa éclater son amour des chats. Elle a également publié de nombreux articles dans L’Orient, puis dans L’Orient-Le Jour.

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