LIBAN, Sanctions US : des responsables américains bientôt à Beyrouth pour enquêter sur le Hezbollah

ÉCLAIRAGE
17/08/2017
Des responsables américains sont attendus au Moyen-Orient pour préparer les autorités locales à l’adoption par le Congrès US des sanctions économiques contre le Hezbollah à la mi-octobre. Le Liban pourrait figurer au programme de cette visite.

Des sources arabes bien informées font ainsi état de réunions prévues bientôt entre des responsables US et d’autres du Conseil de coopération du Golfe pour étudier « les moyens de faire face aux activités terroristes de l’Iran et du Hezbollah », ainsi que le mécanisme à suivre pour traiter avec les organisations, les institutions et les personnes dont les noms figurent sur la liste terroriste.
Cette démarche fait suite aux développements sur le terrain en Syrie, après l’accord américano-russe et le rapprochement sur le terrain des milices pro-iraniennes et des forces du régime syrien de la frontière israélo-jordanienne. Aussi Amman et Tel-Aviv ont-ils demandé à Washington de revoir l’accord, puisqu’il s’est avéré que les garanties offertes par Moscou à Israël n’ont pas réconforté ce dernier. Au contraire.
Les sources arabes précitées ne précisent pas si le Qatar, membre du CCG, a été convié aux réunions visant à faire face à l’influence iranienne dans la région, en raison du conflit entre ce pays et ses voisins. Pourtant, les discussions pourraient porter sur le conflit qui divise aujourd’hui les pays du Golfe. Un soutien devrait dans ce cadre être exprimé aux efforts menés par le Koweït pour mettre fin au plus vite à ce conflit, compte tenu des séquelles non négligeables qu’il pourrait causer, notamment sur les sociétés américaines, dans la région.
Selon certaines sources diplomatiques, il existerait une volonté américaine de pousser les membres du CCG à adopter les sanctions américaines dès leur parution et à s’engager à les mettre en application, dans une volonté de faire pression sur le Hezbollah et l’Iran.
Washington pourrait intensifier également ses contacts avec l’Europe, qui a également placé le Hezbollah sur sa liste de groupes terroristes, afin de lui demander d’adopter les sanctions et de faire pression sur le parti chiite pour assécher ses sources de financement.
Ces démarches sont accompagnées de réunions sécuritaires qui ont lieu en Arabie saoudite pour dynamiser les résolutions du sommet de Riyad et adopter un classement commun des organisations terroristes, dans le cadre d’un climat de coopération internationale et régionale plus intensif à ce niveau.
Quant aux prochaines visites à Beyrouth des congressistes américains des deux partis républicain et démocrate, mais aussi des responsables de l’administration US et des cadres militaires et sécuritaires, elles viseraient à récolter des informations sur la situation du Hezbollah au Liban avant que les sanctions ne soient approuvées.
Selon des sources de retour de Washington, tout ce qui a fuité sur les sanctions, y compris les noms mentionnés, est faux. Il n’y a toujours pas de noms pour l’instant, et seules des organisations liées au Hezbollah seraient mentionnées. Il faudra donc attendre l’adoption de la décision du Congrès US, puisque rien n’est pour l’instant définitif.
Lors de sa visite aux États-Unis, le Premier ministre Saad Hariri a plaidé auprès des responsables américains, notamment du Trésor, contre les répercussions négatives que ces sanctions auront sur le Liban dans son ensemble, y compris sur le plan économique et financier. Il a également estimé qu’il fallait que les institutions relatives à la santé et à l’éducation soient épargnées par ces sanctions, afin qu’elles restent loin des tiraillements politiques. Dans le cas contraire, il faudrait que ces institutions soient mentionnées de manière explicite dans la décision US, dans la mesure où le Liban n’interprétera pas le texte et se contentera de l’appliquer texto, comme il l’a toujours fait dans ce domaine.
Selon des milieux financiers, le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, devrait participer en octobre prochain à des réunions annuelles à Washington du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Ce serait l’occasion pour lui d’effectuer des contacts avec les responsables US au sujet des sanctions, surtout si elles ont déjà été adoptées d’ici là par le Congrès US. Le Liban veut en effet collaborer avec le Trésor US pour ne pas se retrouver au ban de la finance internationale et du système bancaire.

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