LIBAN : Quand le Liban « vert » devient « dangereux »

14/07/2017
Sur un coin de trottoir, des enfants écrivent des slogans au feutre sur des pancartes. On peut lire en passant « Notre santé n’est pas un jeu » ou « Environnement », et observer des dessins de paysages

Le rassemblement a été organisé hier devant le siège du ministère de l’Environnement, dans le centre-ville, par un collectif qui se fait appeler « La santé de nos enfants est une ligne rouge », né au moment de la crise des poubelles de 2015. Ce collectif est formé de mères inquiètes de voir leurs enfants exposés à des produits toxiques

Plusieurs dizaines de personnes se sont déplacées pour plaider cette cause et se faire entendre des autorités. Cette foule hétérogène est composée de militants de la société civile, de pêcheurs, ou tout simplement de citoyens venus spontanément exprimer leur colère vis-à-vis de la dégradation effrayante de l’environnement au Liban. Malgré la gravité du sujet, l’ambiance reste conviviale et calme, sur fond de chansons patriotiques

« Nous mangeons des légumes arrosés par l’eau des égouts, s’indigne Cynthia Choucair, une des quatre membres du collectif. Que font-ils pour changer cela ? » Par « ils », Cynthia et les autres membres du collectif désignent à la fois les ministères concernés et la société civile qui doivent assumer leurs responsabilités en proposant des solutions alternatives au traitement des déchets notamment. Amal Ephrem, également membre du collectif, veut lutter « contre la nonchalance » avec laquelle cette question est abordée dans le pays. Elle aspire à sensibiliser la population au fait que la dégradation de l’environnement, c’est aussi la dégradation de la santé

Les manifestants réclament des solutions, à l’instar de Rouba, 38 ans. Elle se dit « choquée par la corruption » qui affecte grandement l’état de l’environnement dans le pays, mais elle ne perd pas espoir. Une autre femme se livre à un jeu de mots en arabe associant les mots « vert » (akhdar) et « plus dangereux » (akhtar). Anthony, 21 ans, étudiant en droit et sciences politiques, a été touché par la vidéo publiée par les organisateurs sur les réseaux sociaux. « C’est mon devoir de citoyen d’être là », déclare-t-il

Au milieu des manifestants, des clowns font leur apparition. L’association Clown Mein rassemble des activistes sensibles à la cause environnementale, déguisés en mer polluée. ils forment un tableau animé de la pollution de l’eau

Dans leurs discours, les membres du collectif soulignent les initiatives prises dans certaines municipalités, comme à Beit Mery où des infrastructures de recyclage ont été installées. Ils veulent voir émerger des solutions adaptées aux particularités du pays. Ils tiennent à mettre en garde les responsables politiques : –  Nous sommes là et nous vous observons

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