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LIBAN Le Hezbollah cherche à monnayer sa lutte contre le terrorisme sur la scène internationale

ÉCLAIRAGE
11/08/2017
Les relations officielles entre le Liban et la Syrie n’ont jamais été suspendues. Elles sont maintenues, que ce soit par le biais des représentations diplomatiques ou à travers les visites de responsables sécuritaires libanais ou de fonctionnaires administratifs à Damas. Elles se sont également poursuivies sous la forme de contacts et de coordination à travers le comité militaire conjoint mis en place depuis l’occupation du Liban par l’armée syrienne, un comité qui est toujours opérationnel, du moins lorsque les circonstances l’exigent.

La question est donc de savoir pourquoi des voix se sont élevées pour réclamer la reprise des contacts entre les deux gouvernements et pourquoi le mot d’ordre a été donné maintenant pour demander la réactivation de ce qui est déjà actif. Une requête d’autant plus suspecte que le dossier syrien reste un dossier épineux et problématique pour le Liban.
C’est d’ailleurs pour cette raison que le sexennat actuel avait démarré sur une entente qui consistait à mettre de côté les sujets conflictuels en faisant prévaloir l’intérêt du Liban et en adoptant une politique dite de distanciation par rapport aux conflits extérieurs, une position clairement exprimée dans le discours d’investiture du président de la République.
Les contacts entre les deux pays sont donc existants. Mais ce qui est aujourd’hui demandé par le camp des pro-Bachar el-Assad, c’est une initiative officielle de la part du gouvernement libanais en direction de la Syrie et du Hezbollah pour mettre en exergue leur rôle dans la guerre contre le terrorisme. Sinon, comment comprendre cette insistance pour une coordination sécuritaire entre le Liban, la Syrie et le parti chiite en vue de la prochaine bataille contre l’État islamique dans le jurd de Ras Baalbeck et de Qaa ?
Pourquoi la nécessité de synchroniser n’était pas de mise avant l’opération menée par le Hezbollah dans le jurd de Ersal, laquelle suscite toujours des questions autour de certains de ses aspects, notamment la présence à ce jour dans cette zone de combattants des Brigades Ahl el-Cham. Pourquoi ces derniers n’ont-ils pas été transférés en Syrie, comme cela a été le cas avec les jihadistes du Front Fateh el-Cham ?
Selon des rumeurs, les éléments armés se trouvant dans la ville de Rhaybé, en Syrie, auraient refusé d’accueillir dans leur localité les Brigades Ahl el-Cham qui avaient l’intention de s’y rendre. La réponse résiderait dans le fait que ces brigades auraient été enrôlées par le Hezbollah.
Au lendemain de l’opération visant à déloger les jihadistes du jurd de Ersal, une action hautement médiatisée visant à montrer le rôle du Hezbollah dans la lutte contre le terrorisme, le parti chiite a brandi une fois de plus le slogan du triptyque peuple-armée-résistance, en lui attribuant la victoire contre le terrorisme. Cette manœuvre est vraisemblablement destinée à l’exploitation politique, préalablement à l’opération prévue dans le jurd de Qaa et de Ras Baalbeck contre Daech, annoncée par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a précisé que c’est l’armée qui la mènera.
Force est de constater que le parti chiite et le régime syrien ont décidé unilatéralement du timing de la bataille du jurd de Ersal, sans coordonner avec qui que ce soit, imposant la date de la bataille sans prendre en compte non plus l’intérêt du Liban et la nécessité de coordonner avec l’armée libanaise.
Actuellement, le Hezbollah et Damas tentent d’obtenir un quitus au travers de la lutte contre le terrorisme, en cherchant à consacrer un partenariat avec la coalition internationale qu’ils pourraient monnayer politiquement à l’avenir. C’est dans ce contexte qu’il faudrait placer leur acharnement à vouloir amener l’armée libanaise à coordonner avec eux avant le début des opérations militaires. Certains parmi leurs alliés ont même été jusqu’à évoquer un centre d’opérations conjoint, information sitôt démentie par la troupe.
C’est aussi ce qui fera dire au chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, à partir de Baalbeck où il a présidé une réunion du CPL, que la décision de mener la bataille contre Daech pour bouter les jihadistes hors du territoire libanais est une décision souveraine à cent pour cent. Il en sera de même pour le timing de l’assaut, a-t-il dit, précisant toutefois qu’il dépendra des négociations en cours pour faire sortir les Brigades Ahl el-Cham dont l’identité reste à ce jour inconnue. Cette initiative est d’autant plus nécessaire que ces dernières pourraient tendre un piège à l’armée, alors qu’elle serait engagée contre l’État islamique.
Derrière la campagne politique visant à pousser le gouvernement à la coopération avec le régime syrien, il y a donc une volonté de forcer l’opinion internationale à reconnaître l’aide apportée par le Hezbollah dans le combat contre le terrorisme aux côtés du Liban, plus précisément dans le jurd de Qaa. Le gouvernement a d’ailleurs pressenti ce scénario. La réaction du chef de l’État, Michel Aoun, a été de réaffirmer l’engagement du Liban en faveur de la politique de distanciation et son attachement au discours d’investiture consistant à accorder la priorité à l’intérêt du Liban en lui épargnant les retombées des conflits externes.
De sources proches des Forces libanaises, on se demande d’ailleurs si le gouvernement a véritablement intérêt à s’impliquer auprès d’un régime (celui de Bachar el-Assad) isolé sur les scènes arabe et internationale.
Dans ces milieux, on s’offusque du fait que l’on puisse imposer des conditions à l’action de l’armée libanaise lui interdisant, sous peine d’« humiliation », d’obtenir une aide de l’aviation de la coalition internationale. Il s’agit là d’une allusion aux récents propos du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, à ce sujet.
De plus, ajoute-t-on dans les mêmes milieux, la comparaison entre la relation du Liban avec les pays arabes n’est pas justifiée, au regard du sang que Damas a fait couler sur le sol libanais, et du fait que la Syrie n’a jamais reconnu l’indépendance du Liban. Preuve en est, le traitement infligé à l’ambassadeur du Liban à Damas, qui n’a pas été reçu une seule fois par le ministre syrien des Affaires étrangères, comme le commande le protocole.

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