LIBAN Jabal Moussa, une montagne pérenne plus forte que le feu

BIODIVERSITÉLe gala annuel de l’Association pour la protection de Jabal Moussa, une occasion de réaffirmer l’importance de la réserve, après l’incendie d’août dernier qui avait décimé des hectares de forêt de la biosphère.

30/09/2017

 

Atmosphère conviviale et ambiance festive, mardi soir, dans les jardins du palais Sursock, à Achrafieh, où l’Association pour la protection de Jabal Moussa a organisé son cinquième fundraising au cours de son traditionnel dîner de gala annuel.

Animée avec brio par les artistes du Music Hall, la soirée a rassemblé près de 400 personnes, dans un cadre enchanteur créé par les magnifiques arbres majestueux qui donnent tout leur charme aux jardins du palais. Le dîner de gala de cette année a revêtu une importance particulière du fait qu’un terrible incendie a ravagé le 22 août dernier une partie de la réserve de biosphère de Jabal Moussa, au niveau des villages de Chouein et d’Ebreh. Dix jours durant, pins et chênes ont brûlé, suscitant parmi les villageois une vive inquiétude pour l’avenir de ce lieu connu pour sa flore exceptionnelle. Pour l’heure, la superficie exacte des dégâts n’est pas encore connue. Joëlle Barakat, « conservation manager » à l’association, explique que, dans 84 % des cas, la cause de tels incendies est anthropogénique, c’est-à-dire d’origine humaine. Elle note dans ce cadre que « le sinistre du mois d’août s’est malheureusement étendu en raison des espèces d’arbres très inflammables présentes à Jabal Moussa ».
Il reste que, dans le sillage des conséquences désolantes de ce sinistre, l’Association de protection de Jabal Moussa (APJM) a tenu à la faveur du dîner de gala de cette année à réaffirmer haut et fort le besoin essentiel de préserver cette réserve, à l’aune du dixième anniversaire de l’APJM, qui sera célébré en 2018. En progression constante, le nombre de visiteurs est passé de 300 personnes, lors de l’ouverture de la réserve en 2008, à 18 000 l’an dernier, a déclaré le président de l’association Pierre Doumet.

Un héritage à préserver
Véritable projet de vie, la réserve de Jabal Moussa est en adéquation avec le programme « Homme et biosphère » (MAB) de l’Unesco. « Avec cette interaction permanente entre la nature et l’homme, nous sommes en plein dans le développement durable », relève Nayla Abi Karam, directrice du Fundraising et organisatrice du dîner de gala. L’objectif est aussi de convaincre les jeunes de la région de l’utilité d’une réserve naturelle, en faisant appel à l’écoresponsabilité. « Toutes les personnes engagées proviennent de Jabal Moussa et de ses alentours », explique Nayla Abi Karam. « Les habitants des sept villages de la réserve sont tous sollicités. Une vingtaine de guides et de gardes forestiers locaux se relayent à tour de rôle. En outre, des maisons d’hôtes, tenues elles aussi par des locaux, rencontrent un franc succès », indique Pierre Doumet.
De plus, les effectifs de l’association viennent de dépasser le seuil de 400 personnes, un chiffre encourageant, selon son président. « Les personnes qui nous suivent sont très fidélisées et l’équipe fait un travail remarquable », ajoute M. Doumet. Dans le même temps, le président de l’APJM entend rappeler un objectif fondamental du projet. « D’une aire protégée, enfermée sous une cloche, on veut en faire une aire protectrice, c’est-à-dire un espace qui protège ses habitants. Plus on aura une activité socio-économique durable, plus les habitants seront en charge de leur propre protection », souligne M. Doumet.

Un terroir d’exception
« Riche de par son sol, Jabal Moussa permet de réaliser une multitude de produits locaux de qualité, tels que des infusions aux propriétés calmantes », précise de son côté Christelle Abou Chabké, responsable de l’écotourisme. « Ces produits provenant du terroir sont tous confectionnés par les femmes des villages de Jabal Moussa. Des apiculteurs sont aussi sollicités et produisent l’un des miels les plus pauvres en saccharose du Liban », ajoute-t-elle.
Enfin, une belle découverte a été réalisée l’an dernier : celle d’un nouvel insecte endémique, à mi-chemin entre l’abeille et le papillon. « Je suis heureux de vous présenter le Micropterix Jabalmoussae récemment baptisé », s’est félicité à ce sujet Pierre Doumet. « Ce qui compte réellement, c’est en premier lieu de réussir à sensibiliser les Libanais à leur héritage. C’est le travail de toute une génération », a-t-il conclu à l’issue du gala de l’association.

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