LIBAN : Entre l’Île-de-France et Beyrouth, une coopération redynamisée

Un protocole a été signé hier par la présidente de la région francilienne, Valérie Pécresse, et la municipalité de Beyrouth, sur plusieurs dossiers de développement.

19/07/2017
Éclairage des rues de la capitale, mise en place du Plan vert et réhabilitation du Bois des Pins, gestion des déchets, plan d’urbanisme pour les quartiers à long terme… Voici les principaux points du protocole d’accord signé hier entre la région Île-de-France et la municipalité de Beyrouth, évoqués hier par le président du conseil municipal Jamal Itani comme « urgents », lors de son entretien avec Valérie Pécresse, présidente de la région francilienne, à la tête d’une délégation et accompagnée du nouvel ambassadeur de France, Bruno Foucher, au siège de la municipalité.

Mme Pécresse, pour sa part, s’est dit heureuse de « réveiller » cette collaboration avec la ville de Beyrouth, soulignant son importance pour sa région. Elle avait auparavant eu un entretien avec le mohafez de Beyrouth, Ziad Chbib.
C’est un grand projet de remplacement de quelque 10 000 ampoules électriques dans la capitale par des ampoules LED qu’a choisi d’évoquer en premier M. Itani, précisant qu’un appel d’offres a été préparé. Il a demandé l’assistance de l’IDF en matière d’expertise, « pour s’assurer que les appels d’offres sont parfaitement en règle ».
M. Itani a cité une autre question brûlante, celle de la gestion des déchets. Rappelons que Beyrouth a décidé de faire cavalier seul et a déjà présenté un projet d’achat d’une usine de Waste to Energy, un projet approuvé en Conseil des ministres. Mais le futur projet est d’ores et déjà matière à controverse, comme tous les projets ayant trait à l’incinération, du fait des craintes d’une mauvaise gestion qui serait source de pollution. Toutefois, ce sont des inquiétudes d’un autre type qu’a exprimées hier M. Itani : le plan gouvernemental de gestion des déchets ne sera pas opérationnel plus de deux ans, a-t-il dit, alors que l’installation d’une usine nécessiterait trois ans ou plus. En bref, il a demandé une assistance au niveau des appels d’offres pour le Waste to Energy, mais aussi de l’élaboration d’un éventuel plan temporaire en cas de flottement d’une année ou deux, le temps de la mise en place d’un plan à long terme.
Autre point crucial : celui de l’urbanisme. M. Itani a précisé que la municipalité prépare un plan pour les quartiers de la capitale à l’horizon de l’an 2043, soit dans 25 ans, pour décider d’une vision de ce que devrait être la ville dans un quart de siècle. Mme Pécresse a répondu favorablement à une assistance technique pour une telle étude.

« Je souhaite la réouverture du Bois des Pins au public »

À une question de l’Agence nationale d’information sur la réponse qui sera donnée à toutes ces demandes de collaboration, Mme Pécresse a fait remarquer que « l’IDF avait déjà financé les études préalables pour le plan d’illumination de la ville, pour le Plan vert, pour la liaison douce (en rapport avec les transports) le long du Bois des Pins ». « Il faut maintenant concrétiser ces études, et la municipalité de Beyrouth est prête à le faire, a-t-elle ajouté. Nous allons apporter notre expertise pour aider la municipalité à rédiger les cahiers des charges en vue des appels d’offres, afin de trouver les bonnes entreprises pour mettre en avant ces projets. »
La municipalité a sollicité une assistance au niveau de la gestion des déchets. L’incinération et le Waste to Energy, des choix privilégiés actuellement au Liban, sont-ils des options toujours prioritaires en France ? « En France, on incinère, on trie et on recycle, répond Mme Pécresse à L’OLJ. On travaille beaucoup aujourd’hui sur la méthanisation, pour produire du gaz avec les déchets, qui sera réinjecté dans des réseaux de chaleur (notamment pour alimenter des bus). » Elle estime que « le Liban, comme toutes les régions du monde, doit tirer bénéfice de ses déchets. Cette technique de méthanisation permet de produire soi-même de l’énergie ».
Comment voit-elle l’application, jusque-là, du Plan vert élaboré par l’IDF il y a plusieurs années de cela ? « Je laisse le président du conseil municipal faire ses annonces, dit-elle, mais il est vrai que nous avons beaucoup travaillé sur le Bois des Pins, et que nous allons encore le faire. Un Bois des Pins dont je souhaite la réouverture au public, et plus particulièrement qu’il soit consacré à l’écologie, à l’apprentissage de l’environnement, des bonnes pratiques, que ce soit pour les agents municipaux mais aussi pour les habitants. »
À savoir que Mme Pécresse effectuera une visite au Bois des Pins aujourd’hui mercredi, au cours de laquelle il est attendu que le conseil municipal fasse une déclaration sur sa réouverture, ainsi que sur l’élaboration de cahiers des charges sur sa réhabilitation et son entretien.

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