LIBAN À la veille du sommet de Amman, changement de position des pays du Golfe en faveur du Liban

La délégation libanaise emmenée par Charbel Wehbé, hier, à la mer Morte, en attendant l’arrivée du chef de l’État et du Premier ministre. Photo ANI

DANS LES COULISSES DE LA DIPLOMATIE
28/03/2017
Contrairement aux deux derniers sommets arabes, le Liban sera présent en force au sommet de Amman, dont le roi Abdallah II de Jordanie ouvrira les travaux demain mercredi au King Hussein Convention Center. Le chef de l’État, Michel Aoun, présidera en effet la délégation officielle, mettant fin au vide à ce poste au cours des deux dernières années. Il sera accompagné du Premier ministre Saad Hariri, du ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, du ministre de l’Économie, Raëd Khoury, du représentant du Liban à la Ligue arabe, Antoine Azzam, et du chargé d’affaires de l’ambassade du Liban en Jordanie, Ali el-Maoula
L’élection d’un président de la République au Liban devrait recevoir un accueil favorable de la part des membres de la Ligue. Le général Aoun devrait inciter dans ce contexte les leaders arabes à aider le Liban pour alléger le fardeau de la crise des réfugiés syriens et ses répercussions négatives aux niveaux démographique et économique, notamment avec l’augmentation de la facture d’électricité accordée à l’infrastructure qui est mise au service des réfugiés, et qui est désormais de plus de 359 millions de dollars par an, ce qui équivaut au tiers de la production, et prive les Libanais de cinq heures d’alimentation en courant électrique.
Des sources proches de la délégation libanaise ont indiqué à L’Orient-Le Jour que « des indices positifs sont apparus hier soir lors de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères, qui s’est tenue à la mer Morte et qui pave la voie au sommet ». Les ministres devraient en effet soumettre leurs recommandations pour la déclaration de Amman, qui devrait être publiée à l’issue du sommet. Le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, s’est absenté de cette réunion, au cours de laquelle il a été représenté par le secrétaire général du ministère, l’ambassadeur Charbel Wehbé, qui a présidé la délégation officielle, formée de MM. Azzam et Maoula.
Des sources diplomatiques présentes à la mer Morte ont indiqué à L’Orient-Le Jour qu’un changement s’est produit dans la position de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de Bahreïn, les ministres des Affaires étrangères des trois pays ayant adopté la clause de la « solidarité totale avec la République libanaise », présente à l’ordre du jour. Les représentants permanents de ces trois pays à la Ligue arabe s’étaient abstenus, lors d’une réunion tenue samedi dernier à la mer Morte, d’adhérer à cette clause en raison des réserves exprimées par le Liban à la clause relative aux ingérences iraniennes dans certains pays arabes, qui qualifiait notamment les gardiens de la révolution et le Hezbollah de «terroristes»
Une source diplomatique arabe a révélé à L’Orient-Le Jour que le changement dans la position des trois pays du Golfe durant la réunion des ministres des Affaires étrangères est due au vice-Premier ministre et chef de la diplomatie koweïtienne, cheikh Khaled al-Hamad al-Sabah, qui a présidé une réunion à huis clos avec ses homologues des pays du Conseil de coopération du Golfe, en marge de la réunion de la mer Morte. Le ministre koweïtien a appelé les chefs de la diplomatie d’Arabie, des Émirats et de Bahreïn à considérer la clause relative à la solidarité avec le Liban comme une nécessité dans la mesure où le Liban fait face à Israël, souffre de la crise des réfugiés syriens et affronte le groupe État islamique dans le jurd de Ersal. Résultat : les trois pays ont levé leurs réserves et ont adhéré au projet, le ministre saoudien ayant fait preuve d’une souplesse particulière. Il s’agirait d’un cadeau au président Aoun et au Premier ministre Hariri, selon une source de la délégation libanaise présente sur les lieux. Il viserait à souligner le soutien saoudien aux institutions libanaises et au régime
Concernant la clause du projet de déclaration finale du sommet relative à l’ingérence iranienne dans les pays arabes, le Liban continuera d’y exprimer ses réserves tant que le Hezbollah y est désigné comme mouvement terroriste

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