Législatives : les diplomates mettent la pression

ÉCLAIRAGE
02/06/2017

 

Si les Forces libanaises assurent que la nouvelle loi électorale axée sur la proportionnelle, appliquée à 15 circonscriptions, est désormais sur la bonne voie, après avoir bénéficié de l’aval de l’écrasante majorité des forces politiques, il reste que les débats d’ordre technique se poursuivent, avant la mise en place du nouveau code

Les discussions portent sur les « garanties » exigées par le Courant patriotique libre, en vue d’une bonne application de la proportionnelle. Il s’agit de la fixation du seuil d’éligibilité et du mode de calcul des voix

À l’heure où l’on assure, dans les milieux politiques, que les discussions menées actuellement ne sont pas de nature à dynamiter l’entente élargie autour du nouveau système, des observateurs mettent en garde contre une application complexe et difficile de la proportionnelle. Ils en veulent pour preuve le fait que le CPL est en faveur de la prise en compte des communautés dans le décompte des voix, ce qui signifie un retour à la préqualification appliquée, cette fois-ci, à la proportionnelle

D’autres observateurs notent que, parallèlement à l’attachement du camp aouniste aux garanties qu’il demande, le courant du Futur tient à prévoir un seuil d’éligibilité de 10 % des suffrages. Dans les mêmes milieux, on fait valoir qu’ainsi les débats actuels causeraient une déformation de la proportionnelle, d’autant que celle-ci est normalement appliquée dans des sociétés homogènes et non complexes comme la nôtre

Face à ce tableau, le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, estime qu’il est impossible d’appliquer la nouvelle loi dans l’immédiat et de tenir les législatives en septembre, dans la mesure où cela requiert une formation des fonctionnaires. Certains vont même plus loin. Ils estiment que les élections devraient se tenir au printemps 2018, pour permettre au ministère de l’Intérieur de se préparer au scrutin

Des responsables politiques assurent que le président de la République, Michel Aoun, est déterminé à ce que le scrutin se tienne avant la fin de l’année courante. Ces personnalités se posent la question de savoir si M. Aoun compte intervenir pour freiner les velléités de dénaturation de la proportionnelle et accélérer la tenue du scrutin

Parallèlement, dans certains milieux ministériels, on met l’accent sur le forcing de la communauté internationale en faveur d’un scrutin tenu dans les délais, en vue de préserver la formule libanaise qui devrait servir de modèle pour le règlement des conflits régionaux. Certains font même savoir que plusieurs diplomates ont incité les responsables à organiser les législatives dans les délais, faute de quoi ils risquaient de faire perdre au pays toute aide extérieure

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