Le Liban et les bateaux ivres

IDÉES

« Navires dans la tempête », huile sur toile (1899) d’Ivan Konstantinovitch Aïvazovsky.

COMMENTAIRE


Gilbert Achcar | OLJ30/12/2017

L’année qui s’achève a vu se compliquer au-delà de toute attente les situations géopolitiques mondiale et régionale, et partant, la situation libanaise qui en est étroitement tributaire. Le principal facteur de cette complication, et le plus inattendu, est le chaos inouï qui s’est installé au poste de commande de la politique étrangère des États-Unis, à Washington. Jamais auparavant l’empire américain n’avait connu pareille cacophonie en son centre névralgique. Fondée sur les intérêts économiques et stratégiques primordiaux de l’empire, sa politique étrangère était traditionnellement l’expression d’un consensus entre démocrates et républicains, incarné par un « establishment » spécialisé assurant permanence et continuité.

La tempête du Watergate elle-même n’était pas parvenue à désorienter la politique extérieure des États-Unis, menée contre vents et marées par Henry Kissinger. Et lorsque l’administration de George W. Bush, au cours du second mandat du 43e président, sembla s’écarter du consensus bipartisan sous l’influence des néoconservateurs, elle fut contrainte à s’amender et à se débarrasser des perturbateurs. Cela relevait plus du redressement de la barre que du changement de cap.

Absence de cap…..

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