L’autre Mar Mikhaël

ZAWARIB BEIRUT
Le silence le jour, et ces ruelles à arpenter avec des arrêts répétés ; la foule, la nuit, bavarde et insomniaque, qui l’envahit : Mar Mikhaël à pile ou face, c’est tout ça à la fois… Et on l’aime.

Bahi GHUBRIL | OLJ27/01/2018

Des fresques peintes qui trouvent leur place à la porte d’une église éponyme, humble, presque timide, entourée d’un jardin discret. Un théâtre voisin, celui de Maroun Naccache, dont les jours de gloire artistique passée sont hélas oubliés, un salon de coiffure juste à côté, et un figaro de quartier qui attend ses clients, assis, tranquillement, sur le trottoir.

Les recoins cachés et bourrés de charme de Mar Mikhaël, un Mar Mikhaël silencieux, plus « résidentiel », proposent de petites balades intimistes dans le cœur de ce quartier où chaque détail, parfois caché, interpelle et séduit. On peut même y apercevoir un des plus imposants arbres à caoutchouc de Beyrouth.

À quelques pas, dans la rue d’en face, un superbe immeuble des années 20, loin de tout, est brillamment camouflé derrière des arbres. Autour, une ou deux belles maisons anciennes racontent elles aussi des histoires, avec leurs antres dédiés à la Vierge ou à tous les saints, sous des escaliers vieillis par le temps, et juste à côté du linge étalé au soleil. Cette image d’une carte postale sépia, pleine de tendresse, est également le visage de Mar Mikhaël, vu le jour et dans une ambiance très différente, plus vraie, plus brute, plus pauvre aussi que l’autre, fondu dans une nuit blanche.

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