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Il y a 70 ans disparaissait le général Leclerc, héros de la Seconde Guerre mondiale

 

Le general Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947) accueilli par un officier americain a Utah Beach le 1er aout 1944 : apres le debarquement des premiers elements de la 2e DB sur la plage de Saint Martin de Vareville plus connue sous le nom de Utah Beach, en Normandie — French general Philippe Leclerc de Hauteclocque greeted by americain officer on Utah Beach (in Saint Martin de Vareville) after the operations of the French armoured division Landings in Normandy on august 1st, 1944

 

HISTOIRE – Le 28 novembre 1947, l’avion du général Leclerc s’écrasait dans le sable algérien. Retour sur le parcours de cet éminent chef militaire au destin fulgurant et étonnant.

Au lendemain de la libération de Paris en 1944, l’image du général Leclerc, descendant les Champs-Élysées aux côtés du général de Gaulle a marqué les mémoires collectives. Mais qui était-il vraiment?

Militaire de père en fils

Né le 22 novembre 1902 en Picardie, Philippe de Hauteclocque est issu d’une vieille famille aristocratique picarde. De génération en génération, on embrasse la carrière des armes chez les Hauteclocque. Le jeune homme ne déroge donc pas à cette règle. Bac en poche, l’étudiant part à Versailles où il rentre à l’école Sainte-Geneviève afin d’y préparer Saint-Cyr. Son choix, la cavalerie, le conduit à l ‘École d’application de Saumur. Il en sort major en 1924. Deux années plus tard, devenu instructeur des officiers marocains, il se distingue par ses capacités d’adaptation aux mœurs du Maghreb et se passionne pour l’islam. C’est à cette époque qu’il connait les premiers succès militaires. De retour en France, admis à l’École de guerre, il est reçu premier. Lorsqu’éclate la guerre en 1939, il est à la tête du bureau des opérations de l’État-major d’infanterie.

Sa rencontre déterminante avec de Gaulle

En mai 1940, Philippe de Hauteclocque, capitaine d’État-major à la 4e Division d’Infanterie, se trouve en poste sur le front belge. Prisonnier à deux reprises, il s’évade à chaque fois puis traverse toute la France à bicyclette. Son ambition: rejoindre de Gaulle dont il a entendu l’appel à la radio. Les mêmes certitudes et croyances en l’avenir dans la France habitent les deux hommes. C’est à partir de ce moment qu’il prend le nom de Leclerc. Son but: préserver sa femme et ses six enfants restés en zone occupée. Dès leur première rencontre, reconnait en lui un excellent chef et le promeut chef d’escadron. Sa première mission, l’Afrique équatoriale. Arrivé en pirogue à Douala en août 1940, le capitaine Leclerc conquiert le Cameroun et le rallie à la France libre. Il s’attribue lui-même le grade de colonel pour pouvoir discuter d’égal à égal avec les représentants militaires français gouverneurs en Afrique (grade confirmé par la suite par de Gaulle).

Le general Philippe Leclerc de Hauteclocque (debout 1902-1947) et le general Charles de Gaulle (1890-1970) a la gare Montparnasse a Paris, au moment de la Liberation de Paris, 25 aout 1944 : Leclerc remet a De Gaulle l’acte de capitulation allemande — French generals Philippe Leclerc de Hauteclocque (standing, 1902-1947) and Charles de Gaulle (1890-1970) at time of Liberation of Paris, at Montparnasse station, august 25, 1944 : Leclerc giving act of german surrender to De Gaulle

Le serment de Koufra: un engagement qui sera tenu

Le colonel Leclerc se lance dans une aventure: attaquer la grande oasis libyenne de Koufra, occupée par les Italiens. En mars 1941, il s’empare de la forteresse de Koufra et s’engage devant ses hommes à ne s’arrêter que lorsque le drapeau français «flottera sur la cathédrale de Strasbourg». C’est le fameux serment de Koufra que tous ceux qui suivront Leclerc seront tenus d’accomplir. Puis Leclerc se consacre à sa prochaine mission: la conquête du Fezzan, région stratégique parsemée de forts occupés par les Italiens. Il y lance ses unités sur plusieurs axes. Après les deux campagnes du Fezzan, les oasis tombent les unes après les autres, début janvier 1943: le Fezzan est conquis. Le général de Gaulle exalte l’épopée de Leclerc et de ses hommes: «Un exploit qui ne le cède en rien aux plus beaux de notre grande Histoire».*
Le 25 janvier Leclerc et ses hommes entrent à Tripoli. Grâce à un accord signé avec les autorités britanniques, la France Libre administre directement ce territoire.

De la Normandie au nid d’aigle d’Hitler: l’épopée de la Libération

De l’été 1943 à l’été 1944, Leclerc forme au Maroc puis en Angleterre sa grande unité de combat, la 2e DB. Devenu général, il en reçoit le commandement. Cette division blindée s’associe au débarquement en Normandie: elle participe aux combats de Mortain, puis libère Alençon le 12 août 1944 et marche vers Paris. Un envoyé de Rol-Tanguy, chef des FFI d’Île de France demande au haut commandement des troupes alliées le soutien des hommes de Leclerc aux insurgés de Paris. On connait la suite: la libération de Paris le 25 août 1944. L’acte de reddition des troupes allemandes est signé par le général Von Choltitz, en présence du général Leclerc et du colonel Rol-Tanguy.
Ce n’est pas la fin des combats pour le général Leclerc et la 2e DB. Elle avance en Champagne et atteint Strasbourg le 23 novembre 1944. Trois ans et huit mois après Koufra, Leclerc et ses compagnons ont donc tenu leur serment. Ce jour-là, Leclerc écrit à son ami René Pleven un billet enthousiaste comme le rappelle André Dansette dans Le Figaro du 5 juin 1952: «Un simple mot: aujourd’hui à 16 heures, j’entrais dans Strasbourg au milieu de la bataille après une lutte de quatre jours véritablement héroïque. Nos hommes ont été splendides. Voilà le couronnement! Maintenant, nous pouvons disparaître la tâche est remplie… Je suis éreinté mais heureux. Pertes faibles, mais quelques beaux officiers. Amitiés». Leclerc et ses hommes dépassent leur engagement en franchissant le Rhin, puis le Danube. Ainsi, le 5 mai 1945, les troupes de Leclerc s’emparent du repaire d’Hitler à Berchtesgaden. Le surlendemain, l’Allemagne capitule. Le 22 juin le général Leclerc abandonne le commandement de la 2e DB. Une autre tâche l’attend.

Liberation de Paris, aout 1944 : les soldats de la 2e DB place du Chatelet — Liberation of Paris, august 1944 : soldiers of the 2nd armored division on the “place du Chatelet”

La délicate reconquête de l’Indochine

Le 16 août 1945, le général Leclerc est nommé commandant supérieur des troupes en Extrême-Orient. Après avoir signé le 2 septembre, pour la France, à côté du général américain MacArthur, la capitulation japonaise à bord du cuirassé Missouri, il débarque à Saïgon. Il s’agit pour lui de rétablir la souveraineté française en Indochine, d’abord contre les Japonais, ensuite contre le Vietminh qui réclame l’indépendance. Mais la situation en Indochine semble d’une complexité qui dépasse le cadre strictement militaire. De plus Leclerc ne parvient pas à faire partager ses idées à son supérieur l’amiral Thierry d’Argenlieu, le Haut-commissaire de la République en Indochine. Incompris, il est rappelé en France et est nommé inspecteur des Forces terrestres, maritimes et aériennes d’Afrique du Nord. C’est ainsi qu’il se rend en inspection de garnison de Colomb-Béchar.

VIDEO-INA: En Indochine, «Leclerc est partout: on le voit surgir soudain, reconnaître la situation, donner des instructions, repartir»:

 

Le héros foudroyé

«Un bruit d’abord imprécis, mais très vite amplifié, vient de remplir Paris -ce Paris qu’il a libéré- comme il remplira demain, toute l’Union française, et bientôt le monde entier, car sa gloire débordait toutes les frontières: Leclerc vient de trouver la mort, carbonisé avec ses camarades de vol à quelques kilomètres de Colomb-Béchar» pleure le général Vigier en Une du Figaro du 29 novembre 1947. La veille le bombardier bimoteur où se trouvait le général Leclerc s’est écrasé dans le désert algérien.
«Les débris ont été projetés jusqu’à 60 mètres. Parmi eux des corps déchiquetés et calcinés. On retrouve celui de Leclerc, un morceau de sa canne que le feu n’a pas consumé, son insigne de la 2e DB , sa chevalière à l’annulaire gauche, son portefeuille… rapporte Adrien Dansette dans son récit dans Le Figaro du 12 juin 1952. Devant la perte d’un des généraux les plus populaires, l’emblème de la France libre, la stupeur et la tristesse est profonde. Des funérailles nationales sont organisées et le repos du corps est prévu dans la crypte des Invalides aux côtés de Turenne et de Foch. En 1952, le général Leclerc est élevé à la dignité de maréchal de France. Mais cet accident, la mort du héros va alimenter un tas de rumeurs. Certains vont même jusqu’à soupçonner un attentat. Et pourquoi pas fomenté par de Gaulle lui-même à qui le libérateur de Paris et de Strasbourg aurait fait de l’ombre! Toutes ces hypothèses sont alimentées par la découverte d’un treizième corps alors que sur les papiers d’embarquement douze personnes sont inscrites. Qui est-il? C’est un mystère qui demeure toujours.

Obseques du general Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947), a Paris, le 8 decembre 1947 : ici le cortege avec le cercueil rue de Rivoli (Louvre) Neg:4748 — Funeral of general Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947), Paris, december 8, 1947

Fondation de la France libre

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