IDÉES : La guerre de la sémantique

 

Lord Arthur James Balfour, à l’époque ministre britannique des Affaires étrangères, et la lettre qu’il a adressée au banquier sioniste lord Lionel Walter Rothschild « de la part du gouvernement de Sa Majesté », le 2 novembre 1917. Photo d’archives/AFP

DÉCLARATION BALFOUR
Georges CORM | OLJ04/11/2017

La déclaration Balfour a ouvert au Proche-Orient une guerre sémantique qui n’en finit plus d’enfler à propos de la Palestine de façon générale, mais aussi des différentes sociétés du Levant. De cette guerre des mots, qui est aussi une guerre des symboles émotionnels, nous sommes encore peu conscients, en Orient comme en Occident.

Il en a été ainsi de l’introduction du concept de « foyer national », notion inconnue du droit international qui ne connaît que les États ou bien les nécessités de la protection des individus (l’ancien « droit des gens », tel que défini par les grands juristes des XVe et XVIe siècles), notamment en temps de guerre. Le concept de foyer national est apparu en 1917 comme tout à fait innocent, une « œuvre de bienfaisance » envers la communauté juive anglaise. Pourtant, cette dernière ne connaissait pas de persécutions et était fort bien intégrée dans le tissu social britannique, ayant même eu au XIXe siècle un Premier ministre de confession juive (Disraeli). Adresser une lettre à une notabilité financière anglaise de confession juive (lord Rothschild) était donc quelque peu loufoque…..

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