IDÉES La fin de la « république marchande » rêvée par Rafic Hariri

 

25/11/2017

Saad Hariri s’était donné la stature progressive d’un homme de compromis. À terme, ce fut aussi la figure d’un homme seul. En acceptant, en décembre, de diriger un gouvernement d’union nationale intégrant le Hezbollah, il a accru les tensions qui traversaient le courant du Futur et entrait de plus en plus en contradiction avec les grandes lignes de force régionales, structurées par le conflit entre l’Arabie saoudite et l’Iran.

Récit sunnite
Le leadership de la famille Hariri n’est pas en totale continuité avec l’héritage des générations qui l’ont précédé. Le père de l’indépendance, Riad el-Solh (1894-1951), pensait un Liban inséré dans son environnement arabe – en même temps qu’il posa les bases d’un service public libanais pour toutes les confessions, comme le rappelle l’historien Ahmad Beydoun. Dans les années 1950, la communauté sunnite libanaise avait ses grands récits : le parti des Najadeh de Adnane al-Hakim s’inscrivait dans une narration nationale et arabiste ; dans les années 1970, le nassérisme égyptien eut ses enfants sunnites libanais (les Mourabitoun d’Ibrahim Qoleilat) ; et à la même époque, les jeunes générations sunnites se raccordaient aisément à la dynamique révolutionnaire emmenée par l’OLP. Les sunnites du Liban avaient donc leur grand récit historique : il était arabe, parfois développementiste – le socialisme nassérien – ou s’accordait avec de grandes dynamiques populaires régionales.

 

Lire la suite

اضف رد

لن يتم نشر البريد الإلكتروني . الحقول المطلوبة مشار لها بـ *

*