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IDÉES : Emmanuel Macron, ou la politique autrement

 

FRANCE
27/05/2017

 

L’élection d’Emmanuel Macron est la concrétisation d’une nouvelle forme de gouvernance dans les démocraties occidentales

Suite à la chute de l’URSS, à l’échec dévastateur du néolibéralisme économique initié au début des années 1980, à la mondialisation accélérée et à la révolution digitale, de nombreux défis se sont posés. La disparition de l’idéologie communiste, à laquelle plus personne ne croyait, ne fut pas remplacée par une approche humaniste qui aurait pu redonner un sens à l’action politique, confinée désormais à une gestion administrative des États et des économies

Le désastre de la crise de 2008, imputable au néolibéralisme qui instaura l’avidité comme seul valeur du comportement économique, a déteint négativement sur le libéralisme, seul véritable système créateur de richesses devant être équitablement distribuées entre les entrepreneurs et les couches moins prospères de la population

La mondialisation, qui n’a pas voulu prendre en ligne de compte les rythmes différents d’adaptation à ce bouleversement, s’est transformée pour les perdants et les déstabilisés en un cauchemar. La révolution digitale a brisé des frontières et permis des rapprochements impensables jusque-là, facilitant la vie à des centaines de millions de personnes. Mais elle a, par contre – tant l’individualisme avait au préalable atteint un très haut degré – augmenté l’isolement physique et le contact dématérialisé, au détriment de la solidarité

À tous ces problèmes, les élites politiques n’ont pas su répondre. Les partis traditionnels français, avec leur ligne de fracture gauche-droite, finissaient par se confondre dans leur inefficacité. Parallèlement à leur déclin, se sont renforcés ou ont surgi les populistes qui répercutent, certes, le malaise général, mais qui n’offrent aucun programme crédible. En Espagne, Podémos a obtenu la gestion de villes qu’il a menées à la faillite ; en Italie le mouvement Cinq Étoiles, qui présente les traits d’une secte, a réussi à faire élire l’une des siennes maire de Rome, dont la principale réalisation est d’être l’édile la plus critiquée de l’histoire du pays. Donald Trump, en cent jours de pouvoir, a amassé des avanies, effectué des reculades, atteint une impopularité qu’aucun de ses prédécesseurs n’a jamais approché

Le mouvement En Marche, lui, s’est distingué en proposant des solutions, et non des idées à partir de positions idéologiques. Car sur les questions de fond, il n’existe plus de véritables désaccords. Plus personne ne remet en question la démocratie, la liberté et les droits de l’homme. La gauche n’a plus l’exclusivité de la justice sociale, et la droite, celle du libéralisme économique. La gauche et la droite ne se disputaient plus que sur des mesures ponctuelles et opportunistes, qui augmentaient la chance de l’un ou de l’autre d’accéder au pouvoir, sans prendre à bras-le-corps l’ensemble des défis. Conscients que leurs différences de principes s’effacent, ils ont malgré cela continué de pratiquer l’obstruction chaque fois qu’ils étaient dans l’opposition. Les votes unanimes sur quelques lois tellement évidentes sont les exceptions qui confirment la loi de leurs raidissements de posture partisane. Cela les a discrédités et leur a fait perdre les élections. Leur mépris pour l’intelligence des électeurs les a disqualifiés

On a reproché au programme d’En Marche d’être flou ou ambigu. Il est en fait consensuel, sans inhibition de principe, non définitif parce que plus personne ne peut prétendre apporter ou connaître de façon certaine quelles sont les meilleures solutions. Par la composition de son premier gouvernement, Emmanuel Macron indique que les politiques sans les compétences de la société civile, qui n’y fait pas cette fois uniquement de la figuration, ne peuvent réussir

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