Histoire Archives, Johnny Hallyday : ses débuts explosifs à l’Olympia en 1961

 

Par Camille Lestienne Mis à jour le 06/12/2017 à 09:57 Publié le 06/12/2017 à 04:46

LES ARCHIVES DU FIGARO – Avant de devenir une figure du rock français, le jeune Johnny effrayait le bourgeois. Lors de son premier grand concert parisien, Le Figaro, sous la plume de Philippe Bouvard, reste insensible au charme du «géant chlorophyllé tortillant du bassin».

«Johnny Halliday, chanteur abonné aux fait divers». Au début des années 60, ce n’est pour son swing que le jeune rockeur -au nom à l’orthographe encore incertaine- fait son entrée dans les colonnes du Figaro mais pour son goût pour la castagne. Il faut dire que le twist ne plaît pas à tout le monde et encore moins à notre journal, clairement conservateur.
«Il reste encore quelques endroits en France ou Johnny Halliday n’a pas suscité de bagarres. Les endroits où il ne chante pas en chair et en os. C’est-à-dire autour des juke-boxes publics et des électrophones privés» écrit le quotidien le 7 septembre 1961. Les articles répertoriés dans les archives du journal font état des diverses affaires qui émaillent ses premières années sur scène: «Lyon: un médecin blessé par Johnny Hallyday au cours d’une bagarre», «Olympia: un jeune spectateur affirme avoir été rossé», «Inculpé pour coups et blessures au buffet de la gare de Pau», «Reçoit un procès-verbal en auto pour “enlacement de passagère”».
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Quand il s’agit d’évoquer sa musique, le ton est moqueur, souvent. Comme cet article de Philippe Bouvard, ressorti essoré du concert donné à l’Olympia le 21 septembre 1961. La carrière du chanteur, véritable icône de la chanson française, sera un sacré pied de nez à ses premiers détracteurs.
Article paru dans Le Figaro du 23 septembre 1961
Hallyday: l’explosif

Je ne comprends encore pas ce qui s’est passé: les débuts de M. Johnny Hallyday sur la scène de l’Olympia n’ont absolument pas donné lieu aux mondanités d’usage. C’était la soirée la moins habillée de la saison. Bien que le smoking fût recommandé, personne n’avait voulu l’endosser pour venir encourager la nouvelle vague. En réalité, personne ne voulait risquer de se faire traiter de bourgeois par les commandos de «fans» descendus des hauteurs de Belleville ou montés de la porte Brancion. Au dernier moment, avant le lever du rideau, toutes les places qui auraient dû être occupées par des académiciens furent revendues à une meute d’intellectuels à bretelles qui poussèrent dans le hall des gloussements de satisfaction.
«À perte de vue, les gens trépignaient, battaient des mains et tiraient de leur poitrine toutes sortes de gloussements bizarres.»
Philippe Bouvard
Vers 23h.30, précédé de son orchestre et de sa renommée, M. Halliday* fit son entrée. Des sifflets d’enthousiasme fusèrent. Le jeune géant chlorophyllé commença un récital dont le moins qu’on puisse dire est qu’en dehors des qualités vocales dont je n’ai pas à juger, il fait appel à des qualités physiques indéniables. Tantôt menaçant la salle du doigt, tantôt se tenant le ventre, tortillant du bassin et roulant des hanches, il se servait du micro comme d’une lance d’arrosage.
L’hystérie de la salle gagna l’orchestre. À moins que ce ne fût le contraire. Je ne sais plus. À perte de vue, les gens trépignaient, battaient des mains et tiraient de leur poitrine toutes sortes de gloussements bizarres de contentement qu’aucun musicien d’avant-garde n’a encore osé inscrire sur une partition.
Par Philippe Bouvard
*C’est suite à une erreur d’orthographe sur la pochette de son premier 45 tours en 1960 que Johnny Halliday est devenu Johnny Hallyday. Les articles de l’époque hésitent encore entre les deux graphies.
VIDÉO INA – Johnny à l’École des Vedettes le 18 avril 1960

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