Gilt, une adresse pour les carnivores

L’AILE OU LA CUISSE
29/07/2017

Si vous avez choisi le Gilt dans l’espoir de ressusciter le souvenir des nuits pendant lesquelles Marwan Keyrouz animait les platines du Element, il faudra remettre vos pendules à l’heure. Non pas que la musique y soit mauvaise. Bien au contraire, elle garde le niveau, mais en version modernisée. J’oserai même dire que, comme un bon vin, le DJ a mûri, s’éloignant des succès commerciaux qu’il avait l’habitude de proposer, même si ces derniers nous faisaient danser jusqu’à l’aube. Au Gilt, ses remix sont parfaits, et les CD qu’il concocte chaque année sont une belle illustration de son succès et de son expérience renouvelée.
Après avoir célébré le 4e anniversaire du restaurant, il est monté d’un cran en se déplaçant, ponctuellement et pour la saison estivale, au tout nouveau Le Plateau de Bakish. En plein air, la musique assourdissante passera sans doute mieux que dans le local de Saïfi où elle est tellement forte certaines nuits qu’il est impossible de s’écouter et… de bien s’entendre. De plus, l’air en altitude y est plus sain qu’à Beyrouth, où il devient carrément étouffant lorsque les lieux regorgent de monde.
Même si les boissons au Gilt ont tendance à être un peu light, leurs prix sont quand même plus lourds. Un Moscow Mule à 24 000 LL et un Stoli rouge à 22 000 LL, c’est plutôt cher payé à Beyrouth. Le service est toutefois à la hauteur, les serveurs sont professionnels et efficaces. De temps en temps cependant, vous risquez de tomber sur un jeune zélé, un peu familier peut-être qui, croyant bien faire en essayant d’insuffler sa touche personnelle, agit comme s’il vous connaissait en hurlant un : « Votre boisson habituelle, Monsieur ? » Au risque souvent de se tromper, parce que tout simplement il vous a pris pour quelqu’un d’autre.

À table

Quant aux plats servis, ils sont certainement bien pensés et à la hauteur de nos attentes, tant le menu du Gilt est séduisant, même si la qualité et la constance sont variables. Au cours de notre dernière visite, le restaurant étant complet et l’équipe de cuisine probablement surmenée, le niveau était moins bon. La Grilled Calamari Salad était un peu trop huileuse et le Grilled Octopus pas assez cuit, alors que le Grilled Tenderloin of Beef était tendre et savoureux, même si grillé à une température moyenne, alors qu’il avait été commandé saignant. Quant à l’accompagnement – des brocolis et des champignons (brûlés) –, il n’était pas du niveau de la délicieuse viande. De plus, ce plat, parfait tel quel, n’a pas besoin d’une sauce pour relever son goût. Or il est servi avec une portion de sauce au poivre crémeuse, plutôt insipide, voire inutile. Le Veal Tenderloin à la Plancha, à ne pas manquer, était parfaitement cuit et exquis. Mais le meilleur choix reste le fameux Gilt’s Authentic Steak Tartare. Il aurait été parfait s’il n’avait pas été servi surmonté d’une salade, dont la vinaigrette aromatisée à la truffe s’est infiltrée dans la viande hachée, détruisant par là même la saveur et la magie du plat. Il aurait fallu, tout simplement, servir cette salade sur le côté. Que dire enfin des pommes allumettes, parfaitement dorées et croustillantes, sinon qu’elles sont à consommer sans modération.
En ce qui concerne les desserts, il est facile de s’en passer. Le French Pain Perdu est servi en trois saveurs distinctes, qui ne lui apportent rien de particulier. Le Chocolate Soufflé a été servi brûlé, alors que, baptisé Gilt, il est présenté comme un must. Le seul dessert à tenter, à la limite, est le Hazelnut Biscotti.
Avec en moyenne, une facture de 120 dollars par personne, Gilt se positionne parmi les restaurants chers. Or, la cuisine ne suit pas toujours. Les hauts plafonds et la musique, le service et la propreté des lieux, WC inclus constamment nettoyés, ne suffisent pas à faire oublier le manque de constance de la cuisine.

DATA
Son : niveau max = 109.4dB, TWA = 82.6dB
Qualité de l’air : 39/100 (très pollué), COV : 2.7ppm, humidité 62 %, température +20 °C

NOTES
Son : 1/5
Déco : 4/5
Personnel : 4/5
Plats : 3,5 / 5
Propreté : 4/5
Avis : bon
Prix : très élevé

EN BREF …
On aime bien : la musique, le steak tartare, la viande grillée.
On aime moins : les desserts.
Le conseil : s’y rendre en milieu de semaine pour éviter la musique assourdissante des nuits où le Gilt affiche complet.

Gilt
752 Gouraud St., Saifi Village, Beyrouth.

* Critique gastronomique
Il agit dans l’ombre, même si sa signature énigmatique lui donne des airs de gentlemen franco-anglais. Cordon Courtine sévit dans les restaurants de la capitale undercover pour y goûter le meilleur et parfois le pire. Un samedi sur deux, il vous sert ses impressions, toujours très objectives, sur tout ce qui fait la (bonne) réputation d’un restaurant, des saveurs aux odeurs en passant par la décoration et la propreté des lieux. Bon appétit.

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