ÉCONOMIE : Vers une reconduction de Salamé à la tête de la BDL

Le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, hier lors de la conférence Euromoney à l’hôtel Phoenicia. Photo Reuters
COMPTE RENDULe Conseil des ministres devrait examiner dès demain la demande de renouvellement de son mandat, qui expire en juin.

16/05/2017

 

Le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, a déposé hier au Grand Sérail une demande officielle de renouvellement du mandat (6 ans) du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, qui expire en juin, a confirmé à L’Orient-Le Jour le ministère des Finances. La demande devrait être examinée dès demain en Conseil des ministres, afin que celui-ci émette un décret en ce sens

L’élection de Michel Aoun à la présidence de la République, fin octobre 2016, avait pourtant laissé planer le doute quant à la reconduction de M. Salamé à la tête de la BDL. Des sources locales indiquaient il y a quelques mois que le bloc du 8 Mars y était plutôt hostile tandis que le bloc du 14 Mars et les milieux financiers et patronaux plaidaient pour une reconduction

Selon plusieurs médias, l’opposition de M. Aoun au renouvellement du mandat de M. Salamé serait notamment due à sa désapprobation de l’ingénierie financière menée par la BDL, officiellement entre mai et août 2016. Pour rappel, la BDL a affirmé avoir cédé plus de 12 milliards de dollars de titres de dette publique en devises à des banques libanaises et leur avait racheté des obligations publiques en livres pour un montant équivalent, à taux d’escompte de 0 %. Ces opérations ont permis aux banques participantes d’engranger environ 5 milliards de dollars de revenus immédiats, la BDL enregistrant un montant identique. « La balance des paiements connaissait un déficit, la croissance des dépôts bancaires ralentissait et les remises des expatriés baissaient, au moment où il y avait une forte compétition sur le marché régional de devises », a une nouvelle fois souligné hier M. Salamé, lors de la conférence Euromoney à Beyrouth, pour justifier ces opérations

Durcissement des sanctions
Mais outre les craintes du secteur bancaire de voir un changement à la tête de la BDL affecter la stabilité du taux de change, le durcissement attendu des sanctions américaines à l’encontre du Hezbollah semble avoir donné du poids aux arguments des partisans de la reconduction

Pour rappel, une proposition de loi intitulée Hezbollah International Financing Prevention Amendments Act of 2017 (Hifpa 2017) vise à éliminer toute forme de soutien financier au Hezbollah, en élargissant les sanctions à toutes les personnes physiques et morales liées directement au Hezbollah et ses institutions affiliées, ainsi qu’aux organismes et aux États lui fournissant tout type d’aides. Le texte, qui n’a pas encore été discuté au Congrès, prévoit aussi l’élaboration de rapports sur les patrimoines des dirigeants du Hezbollah et ceux du mouvement Amal, jusque-là épargné par les textes américains

Une délégation de l’Association des banques du Liban est depuis hier, sans M. Salamé, aux États-Unis pour une visite de cinq jours en vue de rencontrer des représentants des banques correspondantes américaines, des responsables de l’exécutif et des membres du Congrès.

Dans un entretien accordé hier au quotidien al-Diyar, le président de l’ABL, Joseph Torbey, a appelé le Premier ministre à s’entretenir de ce sujet : –  avec Donald Trump lors du prochain sommet qui se tiendra (les 20 et 21 mai) en Arabie saoudite

Riad Salamé a été nommé pour la première fois à la tête de la BDL en 1993 pour 6 ans, un mandat renouvelé à trois reprises, en 1999, 2005 et 2011

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