ÉCONOMIE : L’immobilier attire toujours les investisseurs libanais


Contrairement au résidentiel, les prix de l’immobilier de bureau sont restés stables. Léon Neal/AFP


FINANCE
Même si l’incertitude demeure quant à l’avenir de l’économie britannique après le Brexit, le marché reste pour l’instant attractif.

13/02/2017

Sans égaler les investissements dans les pays du Golfe, les Libanais fortunés sont nombreux à acheter de belles propriétés dans l’immobilier londonien, selon des professionnels interrogés par L’Orient-Le Jour. Au départ, les avantages étaient nombreux : investir au Royaume-Uni permettait de profiter d’un régime fiscal avantageux avec accès au marché unique européen, tandis que Londres bénéficiait d’une réputation de capitale mondiale de la finance. « Dans l’immobilier, Londres représentait le marché de préférence pour les Libanais, du fait de la rapidité avec laquelle les biens pouvaient être revendus », souligne Karl Abawat, qui a récemment lancé le fonds immobilier GG Capital. Libanais et basé à Londres, il a levé des fonds en Chine, en Suisse, au Moyen-Orient et auprès de familles libanaises.
Mais le processus de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), enclenché suite au référendum de juin dernier et autorisé mercredi par les députés britanniques, fait peser des incertitudes sur l’attractivité du marché. Les déclarations de la Première ministre britannique Theresa May le 17 janvier, promettant une rupture « claire et nette » avec l’UE et l’ouverture de négociations officielles sur deux ans à partir de mars, n’ont pas suffi à rassurer les investisseurs. « Bien que les entreprises aient désormais une vision plus claire des priorités de la Première ministre, elles vont se détacher du discours en se rendant compte qu’elles n’en savent pas beaucoup plus sur le résultat probable des négociations sur le Brexit », avait déclaré Adam Marshall, directeur général de la Chambre de commerce britannique.
Plusieurs facteurs maintiennent cependant l’intérêt des investisseurs étrangers basés dans des pays où l’économie est « dollarisée », comme le Liban, affirme Karl Abawat : la flexibilité du marché du travail britannique, la chute de la valeur de la livre sterling (d’environ 30 % depuis le Brexit) et la baisse de la valeur de l’immobilier résidentiel de 15 %. « Personne ne peut prédire ce qu’il va se passer sur le long terme, mais l’intérêt de mes clients libanais pour le secteur immobilier londonien est toujours aussi fort, car ils pensent que dans deux ans (une fois les négociations du Brexit terminées), les prix vont repartir à la hausse », confirme un conseiller en investissements basé dans le pays du Cèdre. Une enquête de Wealth X pour Barnes International Realty publiée mi-janvier indiquait que le Brexit n’est pas un problème pour les ultrariches et que Londres reste la ville la plus attractive en terme d’immobilier de luxe, rapportait La Tribune le 20 janvier. De manière générale, la majorité des investisseurs étrangers présents au Royaume-Uni prévoient d’y rester, relevait une enquête réalisée en novembre dernier par le cabinet Ernst & Young.

Régime fiscal
Contrairement au résidentiel, les prix de l’immobilier de bureau sont restés stables, assure Karl Abawatt. Mais la situation peut changer dans les mois qui viennent, concède-t-il : « Le souci que tout le monde a en tête, c’est que les entreprises partent à Francfort ou en Irlande, et que les immeubles restent vides. » Si la Grande Bretagne venait à quitter le marché unique européen, les banques britanniques pourraient devoir relocaliser 1 900 milliards de dollars d’actifs sur le continent et faire migrer 10 000 de leurs salariés, obligeant 20 000 personnes travaillant dans des métiers associés à les suivre, d’après une étude publiée mercredi par le think tank bruxellois Bruegel.
Autre argument qui maintient les investisseurs dans l’immobilier londonien : un régime fiscal plutôt avantageux. Selon Karl Abawat, « en Angleterre et en Allemagne, le propriétaire est taxé sur ses bénéfices, auxquels sont retirés ses frais d’entretien. Mais en Angleterre, il n’existe pas de montant maximal à ses frais, alors qu’en Allemagne, ils ne peuvent pas dépasser 30 % du bénéfice. Conclusion, même si la taxe annuelle en Angleterre est plus élevée, à 20 %, tandis qu’en Allemagne elle est de 15,5 %, les taxes annuelles sont généralement moins importantes ». Ces avantages fiscaux propres au Royaume-Uni s’appliquent moins au secteur résidentiel, ajoute Karl Abawat, du fait de la taxe additionnelle de 3 % sur le prix d’achat d’une deuxième maison effective à partir d’avril 2016.

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