ÉCONOMIE : L’économie libanaise devrait fortement rebondir en 2017, selon Bank Audi

Bank Audi prévoit une hausse nominale de 7 % de la consommation en 2017. Anwar Amro/AFP
LIBAN – CONJONCTUREUn rapport publié hier table sur une croissance de 4 % cette année, du fait de la stabilisation politique qui favoriserait une hausse de la consommation, des investissements et des entrées de capitaux.

OLJ
09/02/2017

Après une cinquième année consécutive de croissance molle, « l’économie libanaise est prête rebondir en 2017 », estime Bank Audi dans un rapport publié hier sur la conjoncture économique libanaise en 2016. Cette reprise résulterait principalement du déblocage de la situation politique locale lié à l’élection de Michel Aoun à la présidence de la République et à la formation du gouvernement dirigé par Saad Hariri au dernier trimestre de 2016, selon le rapport.

Dans ce contexte, Bank Audi maintient une prévision relativement optimiste de la croissance du PIB libanais de 4 % pour 2017, soit un rythme équivalent à plus du double de la moyenne enregistrée au cours des six dernières années (1,8 %). Une prévision qui reste bien supérieure à celles – non actualisées depuis la formation du gouvernement – de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI), de respectivement 2,3 % et 2 %. Le rapport précise que cette prévision repose sur l’hypothèse « d’une absence persistante de règlement du conflit régional (…) peu probable » à court terme.
Cette accélération de la croissance libanaise en 2017 devrait être principalement portée par les investissements privés, en raison de l’amélioration du profil de risque politique du pays et du fait « que les Libanais prendraient davantage d’initiatives d’investissement qu’ils avaient ajournées au cours des dernières années ». Résultat, le taux de formation brute de capital fixe (FBCF), qui avait connu une « contraction graduelle » de 31 % en 2010 à 23 % en 2016, devrait repartir à la hausse pour s’établir à 25 %, selon Bank Audi.
Cette hausse des investissements privés s’ajouterait à celle de la consommation, qui devrait toujours « accaparer le gros de la formation du PIB », note le rapport. Estimée à 7 % en 2017, cette hausse de la consommation serait surtout portée par une « amélioration du comportement de consommation des résidents », par la hausse des remises des expatriés et un rebond de l’activité touristique lié à la normalisation des relations diplomatiques avec les pays du Golfe.

Balance des paiements excédentaire
Ce contexte d’amélioration politico-économique permettrait, selon Bank Audi, à la balance des paiements d’afficher un excédent net pour la deuxième année consécutive, après 5 ans de déficits entre 2010 et 2015. Cela non pas en raison d’une amélioration de la balance commerciale – déficitaire de 15,78 milliards de dollars en 2016 (+4 %) –, mais d’une croissance de 18 % des flux financiers à l’entrée en 2017. Un rythme de croissance toutefois très inférieur à celui de l’an dernier (+44,2 % à 17 milliards de dollars en 2016). Car ces flux ont surtout été enregistrés au second semestre dans le sillage des opérations d’ingénierie financière menées entre mai et août par la BDL. Pour rappel, ces opérations d’échange de plus de 12 milliards de dollars de titres de dette publique avec des banques libanaises s’étaient notamment traduites par des afflux massifs de liquidités en devises rapatriées par ces dernières dans le cadre de cette opération. Dans un rapport publié fin janvier, le FMI avait de son côté pointé du doigt un « risque élevé » de décélération des entrées de capitaux dans le pays.
Les auteurs restent aussi optimistes quant à l’activité du secteur bancaire qui devrait, selon eux, enregistrer une croissance des dépôts de près de 10 milliards de dollars en 2017. En 2016, la croissance des dépôts avait été de 10,9 milliards de dollars (+7,2 % sur un an) ; là encore, principalement du fait des opérations d’ingénierie financière. Côté crédits au secteur privé, le rapport table sur une hausse de « 4 milliards de dollars en 2017 (supérieure de 25 % à la moyenne des trois dernières années) », compte tenu « de besoins de financement grandissants » liés à la reprise de l’activité.
La banque estime en outre que l’amélioration des conditions macroéconomiques devrait favoriser une hausse de 9 % des recettes publiques, ce qui « diminuera légèrement le déficit public à 4 milliards de dollars, soit 7,4 % du PIB ». Sur les huit premiers mois de 2016, le déficit public a progressé de 27 %, à 2,5 milliards de dollars, du fait d’une hausse plus rapide des dépenses totales (+9,5 %) que des recettes (+4,1 %). Cette hausse du déficit « a été financée par une augmentation de la dette publique », avec un ratio d’endettement qui est passé de 138,4 % en décembre 2015 à 142,8 % du PIB en novembre 2016. Le rapport insiste ainsi sur la nécessité de mener d’urgence des réformes structurelles pour contenir ces ratios. Il note cependant que le soutien à l’activité passe aussi par une hausse sensible des investissements publics. Selon Bank Audi, ces derniers pourraient progresser de 29 % par rapport à 2016, pour atteindre 2,8 % du PIB. Un niveau qui reste cependant équivalent à « la moitié du ratio des pays émergents », souligne le rapport.

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