ÉCONOMIE L’activité privée au Liban tourne toujours au ralenti

 


En juin, l’indice PMI avait enregistré sa pire performance en huit mois. Photo nd3000/Bigstock

CONJONCTURECe constat ressort des résultats de deux indicateurs publiés hier par des analystes locaux.

P.H.B. | OLJ
07/09/2017
Déjà très affectée par les retombées de la crise syrienne depuis 2011, l’activité privée au Liban n’a toujours pas connu de rebond significatif en 2017. C’est ce qui ressort des derniers résultats de deux indicateurs publiés hier respectivement par le département de recherche de BlomInvest – avec l’institut Markit – et l’Association des commerçants de Beyrouth (ACB) – avec Bankmed et l’Administration centrale de la statistique (ACS).

Le premier – l’indice PMI (Purchasing Managers Index) – est un indicateur composite fondé sur les résultats mensuels de 400 entreprises. Il est obtenu en calculant la moyenne pondérée de cinq sous-composantes : les nouvelles commandes, le niveau de production, l’emploi, les délais de livraison et les stocks des entreprises. Le second indicateur évalue pour sa part le climat d’investissement dans le secteur commercial, à travers deux composantes : leur « chiffre d’affaires » et celle évaluant « l’intention d’investir » au Liban.

Grille des salaires
Ainsi, selon un communiqué de Blominvest et Markit, l’indice PMI a atteint 46,3 points en août, une valeur identique à celle enregistrée en juillet. L’indice est toutefois resté figé sous la barre des 50 points, ce qui traduit une baisse d’activité par rapport au mois précédent, comme c’est le cas depuis plus de quatre ans (50 mois).
Le fait que l’indice PMI a enregistré le même score qu’en juillet signifie que le rythme de la baisse a été identique sur les deux mois. Ce score est en outre inférieur à la moyenne de l’indice en 2017 (46,9 points). En juin, l’indice PMI avait enregistré sa pire performance en huit mois (46,1 point). Plus en détail, le sous-indice mesurant le niveau de production du 43,5 points que le secteur privé a atteint, en légère baisse par rapport à juillet (43,7). Cela va en revanche un peu mieux pour les nouvelles commandes qui restent toutefois à un niveau toujours très bas (43,4 points contre 43,1 en juillet), comme pour les délais de livraison (50,9 points contre 50,1 en juillet).
Selon le directeur du département de recherche de la BlomInvest, Marwan Mikhaël, « l’activité économique a continué d’être plombée par la faiblesse de la demande en août, ce qui témoigne d’un manque de confiance à l’égard de la politique économique actuellement menée par le gouvernement ». Il estime également que l’adoption récente par le Parlement de la nouvelle grille des salaires ainsi que des mesures fiscales devant la financer va avoir « un impact négatif » sur la demande, en provoquant notamment une hausse des prix à la consommation. « Le secteur privé va souffrir tant que le gouvernent ne met pas en œuvre des mesures pour améliorer le climat d’affaires et développer les infrastructures », conclut M. Mikhaël. Le relèvement de la grille des salaires est entré en vigueur le 21 août, tout comme les mesures fiscales devant le financer. Ces dernières ont toutefois été suspendues il y a une semaine par le Conseil constitutionnel, suite à un recours déposé par neuf députés.
Même ton du côté de l’ACB et de Bankmed, qui constatent que « les développements positifs sur la scène politique, comme notamment l’accord autour d’une nouvelle loi électorale (votée en juin, NDLR) et la stabilisation de la situation sécuritaire », n’ont pas modifié la dynamique de l’activité commerciale de gros au deuxième trimestre.
Les résultats de l’étude démontrent que le total des ventes effectuées par les grossistes sur le marché national a baissé de 9,27 % au deuxième trimestre par rapport à la même période en 2016. Ce chiffre reflète l’évolution réelle (et non nominale) de l’activité économique, en tenant compte de l’inflation qui a progressé de 3,48 % de juin 2016 à juin 2017 selon les chiffres de l’ACS rapportés par l’ACB et Bankmed. La baisse avait été de 8,4 % au premier trimestre en glissement annuel (pour une inflation de +5,12 % sur la même période). Pour rappel, les auteurs de l’étude ne tiennent pas compte du chiffre d’affaires des grossistes du secteur des carburants.
Ce recul de l’activité commerciale ne semble toutefois pas suffire à entamer la volonté d’investir des acteurs du secteur, comme le démontre la composante de l’indicateur qui sert à l’évaluer – une tendance récurrente d’un trimestre à l’autre. Mesuré sur une échelle allant de 0 à 100, ce sous-indice reflète en effet une hausse des anticipations d’investissement lorsqu’il franchit la barre des 50. Il s’est établi à 50,58 points au deuxième trimestre (contre 50,60 entre janvier et mars). Un comportement qui est adopté par la quasi-totalité des grossistes interrogés, à l’exception de ceux spécialisés dans la distribution de produits laitiers, précise l’ACB.

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