ÉCONOMIE : La modération des cours du brut, bonne nouvelle pour le Liban

 

La décision de l’OPEP et de ses partenaires de prolonger de neuf mois leur réduction de production reste fraîchement accueillie par les marchés. Archives AFP

FOCUSLe scepticisme des marchés vis-à-vis de la stratégie de l’OPEP laisse présager une évolution plutôt favorable à court terme pour la consommation et les finances publiques

01/06/2017
Plombés depuis la fin de la semaine dernière par le scepticisme autour de la stratégie de l’OPEP, les cours de l’or noir ne devraient pas connaître un rebond massif à court-moyen terme. Une situation dont devrait profiter l’économie libanaise, estiment des analystes interrogés par L’Orient-Le Jour.

La décision, jeudi dernier à Vienne, de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de ses partenaires de prolonger de neuf mois leur accord réduisant d’environ 1,8 million de barils par jour leurs extractions reste froidement accueillie par les marchés. Après avoir perdu environ 2,50 dollars dès jeudi – à 48,90 dollars – le contrat juillet sur le brut léger américain (WTI) a clôturé à 48,32 dollars hier.
Outre l’absence de surprises, les marchés ont notamment sanctionné le niveau toujours élevé des réserves mondiales et la reprise des extractions de pétrole de schiste aux États-Unis (qui ne sont pas concernés par l’accord). Une réalité dont le cartel semble d’ailleurs avoir pris acte : « À ce stade, l’objectif pour tous les membres de l’OPEP c’est un baril à 55 dollars avec un maximum de 60 dollars », avait par exemple déclaré le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, vendredi, au lendemain du sommet de Vienne

 Prix avantageux 
« Même s’il reste nettement plus cher qu’au plus fort de la chute entamée en 2014 (début 2016, les cours étaient descendus en dessous de la barre des 30 dollars, NDLR), un baril à ce prix reste très avantageux pour le Liban », estime l’économiste à la Banque mondiale (BM) Wissam Haraké. « Cette situation se reflétera positivement sur son déficit budgétaire et sa balance courante », résume-t-il. Pour rappel, la BM a estimé en avril que le Liban atteindra 2,5 % de croissance en 2017 en se basant sur un cours du brut à 55 dollars en moyenne cette année
Comme tous les pays importateurs de brut, le Liban doit d’abord composer avec l’effet direct des prix du pétrole sur sa consommation et sa balance commerciale. « Les cours du brut influent sur l’inflation qui a affiché une hausse en glissement annuel de près de 5 % à fin avril », indique le directeur du département de recherche du groupe Byblos Bank, Nassib Ghobril, rappelant que le Liban avait enregistré deux années consécutives de déflation parallèlement à la baisse des cours du pétrole. Pour rappel, l’indice moyen des prix à la consommation de l’Administration centrale de la statistique a baissé de 0,8 % en 2016, contre une chute de 3,75 % en 2015. Le sous-indice mesurant l’évolution moyenne des prix de l’énergie et des carburants a, lui, respectivement reculé de 17,57 % en 2015 et de 3,82 % en 2016. « Le niveau attendu de la hausse des cours – attendu à partir du 3e trimestre – devrait être indolore tant qu’il n’y a pas de hausse de taxes sur la consommation ou les importations de carburants, ces dernières impactant fortement la facture globale des importations », note encore M. Ghobril. En 2016, les carburants représentaient 44,2 % du volume total des importations et 19,7 % de leur valeur ; contre respectivement 34,9 % et 23,6 % en 2013

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