ÉCONOMIE : La BDL prépare un nouveau plan de relance

Ce nouveau plan de relance est le sixième lancé par la Banque du Liban depuis 2013. Jamal Saïdi/Reuters

POLITIQUE ÉCONOMIQUE

P.H.B. | OLJ16/09/2017

La Banque du Liban est en train de préparer un nouveau plan de relance pour 2018 dont le montant « devrait se situer entre 1 milliard et 1,2 milliard de dollars », a indiqué à L’Orient-Le Jour le vice-gouverneur de la banque centrale, Saad Andary, confirmant partiellement des informations relayées cette semaine par Bloomberg.
« La BDL n’a pas encore fixé le montant définitif de ce plan de relance, qui sera déterminé en fonction des besoins du marché et de l’impact qu’il aura sur l’inflation », a expliqué M. Andary, précisant les propos qu’il avait tenus mercredi au Caire lors d’un entretien accordé en marge d’une conférence de la Banque européenne d’investissement (BEI) réunissant des représentants de plusieurs pays du Moyen-Orient et de Méditerranée. « Ce nouveau plan obéira au même mécanisme que les précédents. Son montant définitif, son calendrier et ses conditions de mise en œuvre seront normalement fixés par la BDL d’ici à début octobre au plus tard », a-t-il ajouté. Il s’agirait du sixième plan de relance consécutif lancé par la BDL depuis 2013, pour un montant cumulé qui pourrait ainsi dépasser 6 milliards de dollars.

Croissance de plus de 3 %
Mercredi en Égypte, M. Andary a en outre exposé que le nouveau plan de relance devait permettre de soutenir une économie libanaise sous pression et devant composer avec la présence de plus d’un million de réfugiés syriens qui ont fui le conflit qui a éclaté dans ce pays en 2011. Il a également évoqué une liste de secteurs ciblés en priorité, citant par exemple l’industrie, le tourisme, le secteur des technologies de l’information (TIC), les services médicaux, les télécommunications et le secteur de la mode. Il a enfin confié que la BDL tablait sur une croissance située entre 3 % et 3,5 % en 2018 – contre 2,5 % en 2017, une prévision qui rejoint celle de la Banque mondiale. Le Fonds monétaire international (FMI) avait pour sa part misé en avril sur une croissance de 2 % en 2017, et de 2,5 % en 2018.
Le dernier plan de relance de la banque centrale a été lancé il y a près d’un an. La Banque centrale avait alors alloué, sur une période allant jusqu’au 15 octobre 2017, l’équivalent en livres de 995 millions de dollars de prêts subventionnés aux banques pour soutenir la demande interne – une décision officialisée par la circulaire intermédiaire n° 444 du 12 novembre 2016. Selon le mécanisme consacré par ce texte, la BDL accordait cette enveloppe de crédits en livres aux banques libanaises à un taux d’intérêt de 1 %, à charge pour ces dernières de les distribuer au secteur à un taux maximal de 6 %.
Les prêts subventionnés dans le cadre de ce plan ne peuvent cependant pas servir à refinancer ou à rembourser d’anciens prêts, ni à financer l’acquisition de parts sociales ou de participations financières, entre autres conditions. Environ 60 % de l’enveloppe prévue par la circulaire n° 444 devait en principe être consacrée à des prêts au logement. Le plan de relance devait également permettre aux banques de financer des projets dans les secteurs de l’industrie, de l’éducation, de la recherche et du développement.
En parallèle, M. Andary a également affirmé que les remises des expatriés vers le Liban étaient restées stables en 2017 par comparaison à leur niveau de l’année précédente, sans communiquer de chiffres. Selon la BDL, elles avaient augmenté de 1,8 % en 2016 en glissement annuel pour atteindre 7,62 milliards de dollars, malgré une baisse de près de 2 % au premier semestre. Les remises des expatriés ont en outre représenté 14,7 % du PIB la même année, selon les estimations du FMI.

P.H.B.

اضف رد

لن يتم نشر البريد الإلكتروني . الحقول المطلوبة مشار لها بـ *

*